Qu’est-ce que l’érotisme ? Que trouve-t-on érotique ? A quoi se joue l’attirance ? Qu’est-ce qu’érotiser ? Quel rôle joue la culture dans notre perception de l’érotisme ? Quelle est la part personnelle de notre attirance pour autrui et comment cette part se construit-elle ? Que cherchons-nous en autrui ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles cet essai savoureux nous amène à réfléchir…

Une délicieuse lecture-promenade autour de l’érotisme, de son fonctionnement, de ses buts.

Petit traité de l’érotisme, Michel Dorais, ill. Christian Séguin, Vlb éditeur, coll. Sexualité et société, 13 €

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Quatrième de couverture :

Rien ne semble plus naturel que l’érotisme. Pourtant l’attraction sexuelle est l’une des réactions les plus complexes et les plus incomprises qui soient. On ne désire pas n’importe qui n’importe quand. Une foule de conditions doivent être réunies pour susciter l’excitation sexuelle. Quels sont ces ingrédients nécessaires pour qu’une personne ou une situation deviennent érotiques ? Qu’est-ce qui stimule l’attrait sexuel ? L’érotisme et l’amour font-ils bon ménage ?

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Dossier de presse :

Loin d’être un guide pratique de développement personnel, cet ouvrage démystifie l’érotisme facette par facette. Bien plus qu’un phénomène biologique, l’érotisme, tel que le décrit Michel Dorais, est à la fois physique et psychique, mais aussi social et relationnel. Tout comme les modes culinaires ou vestimentaires, il y aurait un goût du jour qui édicterait les « tendances érotiques ». En amateur d’art éclairé, Michel Dorais termine son ouvrage par un court chapitre sur l’art de l’érotisme : « L’art n’est-il pas, très souvent, dévoilement de dimensions cachées, de réalités méconnues, d’univers intérieurs inédits, dès lors objets de curiosité et d’étonnement ? »

Cet ouvrage au style épuré et agrémenté de très belles illustrations de Christian Séguin va à l’essentiel tout en donnant à réfléchir.

Expert en sociologie de la sexualité, Michel Dorais a publié de nombreux ouvrages, traduits en plusieurs langues. Certains d’entre eux font autorité tant dans le monde francophone que dans le monde anglophone comme Tous les hommes le font, La mémoire du désir, Eloge de la diversité sexuelle ou Jeunes filles sous influence. Tous ses livres sont publiés chez VLB éditeur. Il est par ailleurs professeur titulaire et chercheur en sciences sociales à l’Université Laval, à Québec.

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Extrait à lire à partir de cette page

http://www.edvlb.com/ficheProduit.aspx?codeprod=341019

Interview de l’auteur à propos de ce livre sur cette page :

http://www.edtypo.com/ficheAuteur.aspx?codeaut=DORA1000#Bibliographie

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Extraits :

pp. 57-58 : Du côté des influences, joue le conditionnement culturel que subit tout être humain vivant en société Que ce soit sur le plan érotique ou sur le plan esthétique, musical ou culinaire, on apprend en grande partie à désirer à partir de ce qui est présenté comme désirable. Toutes les époques et toutes les sociétés ont fabriqué des scénarios typiques, en particulier à travers la littérature, le cinéma, la peinture, le dessin, la sculpture, la chanson, etc. Les croyances, les mythes, les préjugés, les valeurs, les stéréotypes et les modèles proposés à propos de ce qui est attirant et de ce qui ne l’est pas forment un riche terreau, dans lequel germent les fantasmes de la plupart des gens. C’est ce que l’on appelle les scénarios érotiques culturelles. Ils servent le plus souvent de matrices, en quelque sorte, à des scénarios plus personnels.

L’érotisme de tout être humain est le fruit d’une interaction entre cette personne et sa culture d’appartenance, laquelle fournit des repères pour évaluer ce qui peut être érotiquement attrayant ou non. Toutefois, chaque individu interprète et intériorise différemment les diktats de sa culture en matière de sensualité et de sexualité.

p. 73 : Être attiré, c’est parfois avoir l’impression qu’un lien invisible et secret se tisse entre soi et l’objet de son désir. L’érotisation est un processus complexe, parfois paradoxal : la tendance à déshumaniser l’Autre paraît contre-balancée par l’empathie qu’on peut ressentir à son égard. […] Des psychologues appellent « partage vicariant » le fait de ressentir du plaisir par association, au contact du plaisir d’autrui. Que ce plaisir soit concrètement observé ou simplement imaginé, le résultat est le même. Habiter en imagination le corps de l’Autre, c’est lui prêter des émotions et des sentiments qui donnent tout son sens à ce qui se passe.

p. 88 : Dans l’émoi érotique coexistent deux sensations contraires : le plaisir, fût-il anticipé, et la crainte de ne pas être comblé, ou pas suffisamment, par ledit plaisir. Tout le monde le sait d’expérience : l’érotisme implique à la fois la création de tensions et leur soulagement éventuel, mais ce dernier résultat n’est jamais assuré (et quand bien même il le serait, l’orgasme demeure une jouissance passagère et éphémère.)

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Un petit volume (120 pages) de lecture agréable, intelligent, pas pédant, un vrai bonheur de lecture, un essai que je vous conseille.