Interroger la sexualité sous le prisme de l’éthique, de la légitimité -qui n’est pas toujours en adéquation avec la légalité-, nécessite de définir des critères  : peut-on juger la sexualité selon la nature, selon un principe de modération, selon un principe de consentement, d’égalité, d’autonomie, de dignité, de perfection ? Et que placer sous ces critères ?

L’absence de consentement par exemple est condamnable ; il s’agit d’un viol. Mais que dire si le consentement ne peut être émis : face à une poupée gonflable, face à un animal, face à un être humain décédé ? Ce consentement peut dans certains cas être donné, mais la personne qui consent n’est peut-être pas avertie ou consciente des risques encourus, que ce soit une grossesse, une IST… Le consentement ne suffit donc pas dans ce cas, le consentement éclairé est nécessaire. Comment dans ce cas juger de la compréhension de l’acte sexuel lorsque une personne atteinte d’un handicap mental donne son assentiment ? Le consentement peut aussi être forcé explicitement ou implicitement, lorsqu’un pouvoir de nuisance pèse sur la décision…

Cet essai n’est pas dogmatique, il ne livre pas une voie toute tracée pour l’éthique de la sexualité mais fouille minutieusement les méandres de l’acte sexuel et soulève de judicieuses questions.

L’éthique de la sexualité, Norbert Campagna, éd. La Musardine, coll. L’attrape-corps, 16 €

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Quatrième de couverture :

Plaisir et morale font-ils bon ménage ?

À l’aune de quel principe moral devons-nous évaluer les actes sexuels ? Suffit-il que les participants à de tels actes donnent leur consentement pour que l’acte soit moralement permis ? Ou bien doit-on exiger que ce consentement repose sur un sentiment amoureux fort entre les partenaires ? En prétendant faire table-rase du passé et en prônant une jouissance sexuelle sans entraves, la révolution sexuelle des années 70 a provoqué une réflexion éthique sans pareille autour de la sexualité, donnant lieu à l’affirmation de principes parfois concurrents, souvent complémentaires. Dans ce livre, Norbert Campagna se propose de dresser un panorama critique des grands principes au nom desquels des limites morales sont tracées à la recherche de la jouissance sexuelle.

Norbert Campagna, docteur en philosophie habilité à diriger des recherches, est professeur associé de philosophie à l’Université du Luxembourg et professeur de philosophie au Lycée de Garçons Esch. Ses domaines de recherche sont la philosophie politique, la philosophie du droit et l’éthique appliquée. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres.