Certes, j’ai lu cette nouvelle depuis longtemps et je ne suis pas la plus objective qui soit dans sa présentation puisqu’elle fait partie de la collection e-ros, mais je ne pouvais pas non plus ne pas l’évoquer sur ce blog, justement consacré en grande partie aux lectures érotiques. Je prends donc le point de vue le plus personnel qui soit pour évoquer Un, deux, trois… Nous irons en croix, en expliquant quelles ont été les étapes de sa création et en vous racontant quelle a été une des mes motivations pour que cette nouvelle constitue un volume d’e-ros D/s.J’ai reçu la nouvelle d’Isabelle Lorédan il y a un certain nombre de semaines déjà, au printemps je crois. L’auteur m’avait avertie qu’il s’agissait initialement d’un long texte coupé en deux et que la première partie constituait une nouvelle qui serait édité à La Musardine, dans le recueil Osez 20 histoires de soumission & domination. J’avais donc devant les yeux une deuxième partie de texte, sans connaître la première. Or, il fallait bien entendu prendre en compte le fait que la nouvelle devait pouvoir se lire indépendamment de toute référence à ce qui précède, puisque le lecteur de l’une n’était pas nécessairement lecteur de l’autre, et inversement. Le premier paragraphe a donc été légèrement remanié pour éviter tout problème de ce genre.

La nouvelle était de bonne taille, typiquement ce que j’attendais pour un volume. Seulement cette nouvelle se découpait en deux textes de tonalité totalement différente. Certes, l’histoire était uniforme dans les personnages présents, dans le déroulement chronologique, mais on sentait un net décalage entre le début et la fin : bdsm initial, puis drame final avec un côté sentimental très prononcé, plus de bdsm du tout, un aspect larmoyant qui me déplaisait, et surtout qui n’avait rien à faire dans e-ros D/s. Isabelle Lorédan en convenait, la fin devait être modifiée.
C’est donc peu de temps après que j’ai reçu la nouvelle version du texte, avec une fin tout autre, celle que vous pouvez lire à présent. Le bdsm est il est vrai, laissé de côté un temps, il n’y est fait allusion qu’en fin de volume à nouveau, et avec une pointe d’humour. L’atmosphère est donc assez différente du début du texte aussi, mais j’ai pensé qu’il serait intéressant d’offrir, comme l’auteur le faisait, un contexte humain, avec les aléas de la vie quotidienne, à la domination-soumission, de sortir le bdsm des récits confinés dans des donjons ou du secret des demeures, pour montrer que les êtres sont aussi des gens normaux, avec une profession, un voisinage. Il n’y a pas de bdsm froid dans cette nouvelle, les personnages s’aiment et j’ai souvent présenté ce texte comme un récit d’amour aussi. La nouvelle s’enracine dans un présent qui pourrait être le nôtre. C’est qui le différencie de bien d’autres textes et qui pourrait peut-être susciter l’intérêt d’un lectorat, le vôtre peut-être.

Un, deux, trois… Nous irons en croix, Isabelle Lorédan, éditions Dominique Leroy, collection e-ros D/s, e-book téléchargeable pour 1,29€ sur http://dominiqueleroy.izibookstore.com/produit/113/

___

Derniers informations sur l’e-book et son apparence : on cite rarement le nom de l’illustrateur de couverture. Je voudrais tout de même dire un mot à ce sujet. C’est Jahyra qui a représenté, d’après quelques éléments du texte que je lui ai donnés, un personnage du récit, tel qu’elle a pu l’imaginer. Et l’on a réellement l’impression d’être face à ce personnage ! Un dernier mot enfin : cette couverture doit beaucoup à Stan/E, il faut le savoir, tant pour l’orientation de l’illustration au lieu d’une fixation droite, les couleurs du texte, l’ombre portée (que je ne savais pas faire avant qu’il ne m’explique certaines fonctionnalités de photoshop), l’absence de pixels grossiers sur l’ange,…