« La fascination pour l’élégance et le charisme des princes des ténèbres, comme les appelle la presse, est contemporaine. Chez les adolescentes en mal de romantisme, ou les scénaristes en panne. Mais devant une scène de folie sanguinaire, quand les digues de la raison cèdent face aux instincts bestiaux d’un vampire, on comprend l’horreur des paysans médiévaux devant un cadavre dépecé. », in Ventre affamé n’a pas de cerveau de Romuald Ward.

Le vampire est-il un être sensuel ? Avec son attitude soignée, maniérée parfois, pâle dans ses vêtements noirs, le vampire séduit, hypnotise, annihile tout désir de rébellion, emprisonne sa proie par sa volonté, allume le désir dans son corps. C’est bien souvent ainsi qu’il se présente, dans les récits de David Anderton, de Pierre des Esseintes, de Daniel Nguyen, de Julie Derussy, de Frédéric Chaix, d’Héliodore… La faim, la soif le tenaillent, il mord ses victimes, parfois à regret. Le vampire est aussi femme qui se nourrit de sperme plus que de sang, vide ses partenaires de leur énergie à cause d’une insatiable frénésie sexuelle.

À côté des images classiques du vampire se trouvent dans ces récits des personnages moins clairement identifiables comme tels. Pas de canines acérées, mais une apparence étrange pour ces femmes qui vampirisent un homme : veuve mutilée dans une combinaison de cuir qui se déplace telle une araignée aux murs grâce à des rails pour Ian Cecil, logeuse aux formes voluptueuses qui aspire nuit après nuit le sperme de son locataire sans que celui-ci ne puisse la toucher chez Adrien Carel.

La mort ou la soudaine disparition est une constante de ces nouvelles : mort d’une victime dont le sang se répand, mort du vampire, fuite du vampire et parfois recherche ou attente de celui-ci qui a marqué à jamais l’esprit de la narratrice ou du narrateur. Une autre fin est possible : l’amour, le partage d’une condition, la naissance d’un couple de vampires, l’un renonçant pour l’autre à son humanité comme dans la très belle nouvelle d’Octavie Delvaux, Les Infortunes de Baptiste.

Ou une guérison peut-être ?

« Ce n’était qu’une thérapie de choc… Pour jouir, dans ma vie, j’ai mieux qu’un vampire ! », in Mes dents sur votre cou de Jérôme Canrian.

Osez… 20 histoires de vampires et de sexe, éditions La Musardine, 8€

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Quatrième de couverture :

20 nouvelles sang pour sang érotiques

Le vampire n’est pas seulement un monstre assoiffé de sang: c’est aussi un héros romantique au charme trouble. L’histoire du cinéma et de la littérature l’ont bien montré, et la collection « Osez 20 histoires » est bien résolue à apporter sa pierre à la célébration de la sensualité vampirique. Du mystérieux vampire qui séduit ses proies sur Facebook au vampire utilisé comme esclave sexuel par une famille de nobles au dix-huitième siècle en passant par la veuve noire, vampire femelle à tendance domina, les variétés les plus exotiques de vampires obsédés sont au rendez-vous d' »Osez 20 histoires » pour vous faire trembler de peur… et de plaisir !

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Sommaire :

Séance sanglante d’Octavie Delvaux, Dernier client de Mélanie Muller, Suce-moi vampire ! de Frédéric Chaix, La Vamp de Sara Agnès L., Le Vampire du Grand Guignol de Vincent Rieussec, Soif de Julie Derussy, Fun House de Pierre des Esseintes, La Statue d’Adrien Carel, Vlad de Daniel Nguyen, Les Infortunes de Baptiste d’Octavie Delvaux, Le Sperme est plus fort que le sang de David Anderton, Par le sperme et par le sang de Maxim Jakubowski, La Veuve noire de Ian Cecil, Ventre affamé n’a pas de cerveau de Romuald Ward, La Nuit gothique d’Héliodore, Le Rituel du mercredi de Jean-Charles Rhamov, La Chauve-souris de Brigitte Reizler, Prenez et buvez-en tous de Servane Vergy, Mes dents sur votre cou de Jérôme Canrian, La Vraie Vie d’Anne de Bonbecque, À la vie, à la mort d’Octavie Delvaux.