Le salon du livre érotique d’Evian en novembre dernier avait été pour moi un week-end extraordinaire. J’étais une sorte d’enfant émerveillée, intimidée souvent, mais si bien où j’étais. Je suis revenue cette année avec un peu d’appréhension puisque je n’avais pas le même statut, qu’il me fallait faire face à des visiteurs, mais aussi avec beaucoup d’enthousiasme : notre premier salon, la littérature érotique à l’honneur, pensez-donc !

Il est plus facile d’être là pour visiter un salon que de tenir à sa place en tant qu’exposant. Je ne sais d’ailleurs pas tenir en place, j’ai besoin de bouger, de passer sous la table pourraient dire certains, de boire du café surtout… Heureusement, imperturbable, monsieur a assuré les transitions, avec brio même je dois le dire. Je n’ai pas vu en détails toutes les expositions, je suis passée très vite devant certaines. Quand c’était moi qui restais en place, monsieur amenait à tel ou tel auteur un livre que je souhaitais faire dédicacer.

Quand on me demande : « mais Steph, tu ne voudrais pas faire quelque chose de plus sérieux ? » Je réponds très sérieusement que ce que je fais me plaît et que je ne me vois pas changer de « genre littéraire » pour sembler plus sérieuse. Ce n’est pas seulement la littérature érotique, c’est l’érotisme en général, je me plais là, dans ce petit univers. Je n’ai aucune envie d’en sortir. J’y trouve une liberté de parole qu’il n’y a à mon sens pas ailleurs. (Et il faut dire qu’on adore parler de cul, monsieur et moi.) Et puis la littérature érotique, c’est top ! Dans un langage un peu plus recherché que cette exclamation, je dirais que la mise en mot du désir et de la sexualité me fascine.

(sur mon stand, devant mon portable, alors que la librairie organisait ses livres à côté)

Beaucoup de joie à me trouver présente à cette deuxième édition du salon. A notre arrivée, j’ai croisé Jaap de Boer à qui j’ai rappelé que nous avions été en conversation téléphonique. J’avais évoqué sa bd Betty Page, reine des pin-up et il avait apprécié les quelques lignes que j’avais écrites à son sujet. David, l’organisateur du salon, est venu nous accueillir et nous remettre nos bracelets rose fluo. Je me suis empressée de cacher le mien (j’ai vraiment du mal avec ce rose fluo !) sous un ensemble de bracelets dorés et orangés. David nous a conduits à notre emplacement, et là, si j’avais été un peu moins réservée, je l’aurais embrassé. Je ne m’attendais pas à un tel emplacement, je l’avoue. A côté de nos confrères d’Humus qui proposaient de si jolis volumes, à côté de l’espace librairie de Muratore si bien fourni, face aux auteurs, nous ne pouvions rêver mieux. Fin de matinée, samedi, la joie nous habitait. Les auteurs ont commencé à arriver. Les premiers que nous avons vus : Marie Godard et Nicolas Marssac. Et je vous avoue que cela fait énormément plaisir de voir enfin des personnes avec qui j’ai pu être en contact auparavant. J’ai été très heureuse de faire la connaissance, même si notre conversation a été très brève, de Claire de Chatlys. Jean Claude Piquard est très sympathique, nous avons parlé orgasme, période réfractaire et wordpress avec lui…

(Anne Bert, avec la plus jolie présentation de ses livres qui soit. Derrière, à gauche, ce qu’avait mis en place Jean-Claude Piquard, à droite en exposition : des tableaux de Nicolas Marssac.)

(De gauche à droite : Nicolas Marssac, Marie Godard, Stéphane Rose. Parmi les premiers arrivés sur les lieux !)

J’évoquerai les dédicaces un peu plus tard, certaines doivent être photographiées. Il y a de chouettes petits mots dessus…

Beaucoup de bonne humeur côté auteurs, des conversations à bâton rompu, des sourires et des rires. Au milieu de toute cette joie, il aurait été bienvenu que le public soit au rendez-vous. Cela n’a pas été le cas et c’est le seul point morose de ce week-end, mais il est de taille puisque la réussite d’une telle manifestation dépend du bon-vouloir des visiteurs, de leur présence ou de leur absence. C’est terrible d’avoir autant de choses aussi chouettes mises en place, une telle effervescence, un tel programme de conférences, de dédicaces, d’expositions, d’ateliers et de spectacles pour se retrouver avec des allées quasi-vides. Voilà comment on tue la plus merveilleuse idée qui soit.

Nous sommes-nous laissés gagner par la morosité, cependant ? Absolument pas. Ce week-end a été superbe. J’en garderai un excellent souvenir et ne rêve que d’une chose : qu’une autre manifestation de cette qualité puisse un jour émerger.