« Tout le monde connaît la rue des Vieilles-Écluses. Il n’est pas nécessaire de la décrire, la modestie nous empêche de marcher sur les brisées du grand Balzac.
Une assez belle maison y tranchait sur les autres, c’était celle portant le numéro 238.
Les conversations du quartier la visaient souvent, d’autant plus que les propriétaires et les locataires se montraient très peu, quoique on sût qu’elle fût habitée, somptueusement meublée et qu’on vît des voitures s’y arrêter fréquemment le soir.
La concierge, une vieille femme à figure rébarbative, parlait juste ce qu’il fallait pour se procurer les denrées et les objets indispensables ; on supposa d’abord que cette maison servait de lieu de réunion à des conspirateurs, ensuite on émit la pensée que des rendez-vous galants pouvaient bien sy donner.
Le commissaire de police ouvrit une enquête, il s’inclina devant les noms. » p. 67

C’est en effet une société choisie qui s’adonne à des plaisirs sensuels dans cette maison et dans d’autres lieux, une confrérie dans laquelle s’organise de fines parties qui enrôle des membres influents. Le futur mari de Danielle est d’ailleurs invité à laisser libre cours aux jeux de sa fiancée…

La collection Libertine propose deux nouveaux livres en ce mois de septembre : Le Mariage de Danielle de Le Nismois (texte attribué à Alphonse Momas) et Le Calvaire d’un amant d’Alphone Tissandier que j’évoquerai ultérieurement. Une nouvelle association des éditions Alixe et Astarté, avec préface d’Alexandre Dupouy et plusieurs photographies noir et blanc (photographies anonymes, vers 1890).

Réédition d’un texte paru en 1899, Le Mariage de Danielle est un roman où les joies de la chair s’exposent à chaque page, où l’on ne s’embarrasse pas si un visiteur demande de présenter son cul, où le sexe en somme est une activité si naturelle qu’elle se pratique entre sœurs, belles-sœurs, nièces, amis de la famille, et tutti quanti. Y compris à plusieurs, dans des positions quelque peu acrobatiques, et parfois même en pantomime ou petit spectacle où l’on compare les vertus du cul de ses dames ou leur habilité à sucer.

Quelques coquilles malheureuses se remarquent au cours de la lecture : là au lieu de la, ou au lieu de où,…

Les quatorze photographies qui parsèment le texte sont de plaisantes mises en scène.

Pas un chef-d’œuvre de la littérature sans aucun doute, mais le genre de texte qui me fait rire (à l’exception de ces passages un peu longs où la société est nommée, la profession de ces messieurs indiquée, etc.)

Le Mariage de Danielle, Le Nismois [Alphonse Momas], éd. Alixe/Astarté, coll. Libertine, 15 €

Sur le site des éditions Astarté : http://www.editionsastarte.com/site/sscat.php?id=13736#