Ce texte est un pur bonheur. Lorsque je l’ai découvert, j’avais les larmes aux yeux. Parce qu’il est beau, et parce qu’il est émouvant. En quelques mots : une correspondance, deux femmes, des lettres échangées entre Saint-Aulaye et différentes destinations. L’amour et le désir qui passent par le prisme des mots qu’elles écrivent. Par le prisme de l’imagination et du souvenir.

De très beaux passages, entre autres, sur les relations passées avec les hommes, pour elles qui désormais ont trouvé dans les bras de l’autre, une femme, l’amour qu’elles cherchaient ailleurs. Je ne me prive pas du plaisir de vous en citer quelques lignes :

Nous avons tout le temps du monde. Le monde est à nous, les mâles peuvent remettre en place leur bite, cette petite patère ridicule ne réclamant que des logements. Jamais les mêmes ! Surtout aucun intérêt pour le gardien des liquidités et des transes ! Pas de verrou, pas de blindage comme chez Fichet, de multi-pointage comme chez Vachette. Un trou. Un orifice pour que le sang qui afflue à la tige et aux couilles le quitte sur un giclement final.

« On se voit demain ? » 

Parce que la petite patère aura aussi besoin, demain.

Demain ils te demanderont l’anneau. Après t’avoir enculée, les plus inspirés iront jusqu’à frotter en tous sens ton bouton comme s’ils voulaient astiquer la poignée d’une porte, ensuite de quoi ils enfonceront un doigt le plus loin possible au fond de ton vagin pour mieux tâter leur bite allant et venant dans ton cul. La cloison est si fine entre cul et con ! Oublions-les.

Ce livre numérique s’intitule L’Oiseau des pluies. Cette nouvelle épistolaire est parue ces jours derniers et je vous la recommande vivement.

L’Oiseau des pluies, Jean Claude Thibaud, (ill. de Phanhoria), ed. Dominique Leroy, coll. e-ros épistolaire, 1,49€