J’ai reçu il y a plus d’une semaine à présent Le Journal d’un maître de Patrick Le Sage, aux éditions Tabou (il s’agit d’une réédition puisque le livre avait fait l’objet d’une publication en 2005 aux éditions Flammarion. Flammarion?! Ah bon!) et n’ai pour le moment que feuilleté le livre : couverture, pages d’informations diverses comme les remerciements, « des fantasmes à la réalité » introduction de Pierre Bourgeade. Avant d’entrer dans le texte lui-même, trois remarques :

– en 2005, j’avais deux bébés dans les bras, je ne lisais pas, je n’ai pas lu Le Journal d’un maître et n’en ai pas entendu parler. La première fois que j’en ai entendu parler, c’était par Martine Roffinella, il y a quelques mois, puisqu’en plus de l’écriture de ses œuvres, elle corrige et réécrit partiellement les livres des autres, parfois. Cela a été le cas de Le Journal d’un maître. Alors soit, l’auteur est Patrick Le Sage. Mais je m’attendais à trouver quelque part dans ce livre le nom de Martine Roffinella. Un petit mot du genre « avec la contribution de… », « toute ma considération pour… », bref, marquer le coup, signaler qu’il y avait un travail d’écriture réalisé par quelqu’un d’autre. J’ai feuilleté le livre, je l’ai tourné dans tous les sens, je n’ai rien vu. C’était ma première remarque.

– Deuxième remarque, l’ambiance « attention, autour de vous, ils sont là, ils vous guettent » adoptée par Pierre Bourgeade et, dans une moindre mesure, par Patrick le Sage dans sa première page (puisque je n’ai pas encore lu au-delà). Flagrant. Étrange aussi. Je cite P. Bourgeade et l’effroyable suspens menées par ses énumérations, avec révélation finale :

« Dans les rues, les cafés, les cinés, les aéroports, les gares, le métro, nous croisons, tout au long des journées, des hommes et des femmes qui nous paraissent exactement semblables à nous. Ils ont à peu près nos vêtements, nos visages, ils habitent les mêmes quartiers, ils lisent les mêmes journaux, ils suivent les mêmes émissions de télé, ils emploient les mêmes mots que nous. Certains de ces humains, cependant, ont des vies bien différentes des nôtres ! Certains de ces hommes, en effet, sont tenus par certaines de ces femmes pour leur maître, certaines de ces femmes se tiennent pour leurs soumises, parfois même leurs esclaves. »

Tadam. Vous vous attendiez à une invasion d’extra-terrestres ? Mais non, ce sont juste des maîtres et des soumises. Et ils ont à peu près nos visages, voyez donc !

Patrick Le Sage raconte à son tour :

« Elles viennent à moi, ces femmes de tous milieux, de toutes régions, de tous pays, d’horizons et de niveaux sociaux multiples, mariées la plupart du temps, car c’est leur propre mari qui les conduit dans mon antre. »

Moins apte à nous faire dresser les cheveux sur la tête, cette accumulation expose simplement que le maître est le centre de tout un réseau très englobant. Il est l’œil d’une tornade. Méfiez-vous, ça tournicote autour de vous.

 

– Je reviens pour ma troisième remarque sur l’introduction de Pierre Bourgeade. Il y est question de respect pour les soumises, au point de les vouvoyer. Mais le tutoiement, quand il existe, indique-t-il un manque de respect ? Et de la simplicité de l’homme que l’on ne nomme pas maître mais monsieur. Peu importe le terme, non ? Tout est dans le ton, dans l’attitude, dans la signification que l’on veut donner aux mots…

Bref, je suis peut-être tatillonne, me direz-vous…