Après l’histoire de la couverture, et si je vous parlais de l’histoire de l’écriture de Journal d’une sexothérapie ?

A l’origine, en décembre, j’imaginais intégrer dans la collection une nouvelle sur le monde du travail, le chantage dans une entreprise, des gages sexuels, etc. Le synopsis était intéressant, mais après un travail de relecture du texte, de correction, de réécriture de la part de l’auteur, etc., j’avais peine à juger si le texte était publiable ou pas, n’ayant plus assez de recul pour porter réellement un jugement. Il me semblait que le texte n’était pas fluide. C’était l’avis de l’éditeur. Cette nouvelle n’a donc pas été publiée. Parmi les autres propositions, il y avait ce « journal » que j’avais écrit pendant l’été, et c’est donc la publication que vous pouvez découvrir à présent sur le site des éditions Dominique Leroy et très bientôt dans un grand nombre de librairies numériques.

L’histoire du texte a commencé en juin. Au salon du livre érotique d’Evian, je me fais vaguement accrocher sur le fait que je m’amuse à publier les autres mais que je n’écris rien moi-même. Pour prouver que j’étais capable de le faire, j’ai écrit une nouvelle. Et l’écriture de ce texte m’a beaucoup fait rire. Seulement j’avais une idée à la base que j’ai exploité de suite : je pensais le faire une fois et c’était tout.

Sauf que début juillet, je cherchais des personnes susceptibles de prendre nos paniers de légumes et de fruits à l’amap pendant nos vacances. Et… j’ai pensé que cette situation d’échanges de paniers pourrait s’étendre à d’autres types d’échange. Que les locaux s’y prêteraient. Bref, j’ai affabulé et j’ai commencé à écrire un texte que j’ai intitulé Rififi à l’amap. J’ai écrit une page, suis partie en vacances en Bretagne et là, panne sèche. (Je vous rassure, j’ai repris le texte en octobre et l’ai achevé à ce moment-là). J’ai mes règles (comme ça, vous savez tout), je suis de méchante humeur. Puis, deuxième semaine de vacances, les règles sont terminées, je commence la balnéo. Et je sors de ma première séance passée notamment dans un bain bouillonnant avec plein d’idées en tête. J’avais toute mon histoire, que je comptais au départ intituler « Clinique du bien-être, traitement des phobies ». Imaginez la balnéo, le bain bouillonnant où l’on se trouve à moitié nu, aucune pancarte ne défend de se masturber dans l’eau, les portes sont munies de vitre de forme ronde, à la façon d’un hublot… et s’il y avait des voyeurs ? Et si… ? Tout s’est emballé dans ma tête, je suis sortie de la balnéo toute excitée, pressée de raconter mon projet à mon mari, cherchant un coin où le wifi pouvait fonctionner (ce n’était pas gagné, il y avait 2m carrés environ où je pouvais avoir une connexion) pour raconter ce projet d’histoire à Ian Cecil, ce qui m’a valu d’innombrables taquineries de mon mari sur le fait que je ne pouvais même pas tenir une semaine sans lui parler. Bref. Cette histoire était dans ma tête, il n’y avait plus qu’à la raconter.

C’est donc ce que j’ai fait en plusieurs étapes, car le texte initial était un peu court. L’éditeur en a lu une première version, m’a dit qu’effectivement c’était trop court, j’ai donc semé ici ou là un épisode, un souvenir, quelques lignes… de quoi obtenir la taille réglementaire. C’est essentiellement au retour de Bretagne que j’ai écrit Journal d’une sexothérapie (titre plus court et bien meilleur que le premier!), alors que les enfants étaient en vacances chez les grands-parents. Cela a été une franche rigolade. Parce que le personnage a certaines de mes manies, elle est arachnophobe comme moi, elle a ce côté naïf que j’ai parfois (mais à un tel degré!!). Si vous lisez ce texte, ne vous attendez surtout pas à quelque de sensuel, d’évaporé. Ne vous attendez pas à du littéraire, et il n’y a aucune citation de Kant non plus. Attendez-vous plutôt à une histoire rigolote (du moins je l’espère, parce que c’est ainsi que je la vois) sans grande prétention, si ce n’est d’amuser donc, et de faire passer quelques minutes de manière agréable (hum, je l’espère aussi).

Journal d’une sexothérapie, ChocolatCannelle, ill. de couv. de Virgilles, éd. Dominique Leroy, coll. e-ros & ceteri, 1,49€