Faut-il avoir gardé une âme enfantine pour aimer les contes ? J’aime énormément les contes revisités. Les écrits au premier abord innocents, mais qui sont si on veut bien lire entre les lignes si pervers parfois. Les contes grandissent avec nous, avec notre capacité de lecture. C’est peut-être par le site de Miriam Blaylock que j’ai commencé à m’intéresser aux contes érotiques. C’est avec cet auteur que j’ai poursuivi mes lectures, puisque Miriam a écrit deux pastiches érotiques pour la collection e-ros : Le Petit Chaperon vert et Sans-Nichon ou La Petite Biroute de verre. Ce dernier texte est une réécriture de Cendrillon, avec une jeune fille adepte de l’onanisme et un prince peu sûr de son orientation sexuelle.

Pour les éditions Tabou, à travers la BD Cendrillon, la jeune fille est encore bien innocente (mais apprend semble-t-il vite), tandis que les domestiques sont voyeurs, vicieux, la marâtre sadique, et ses filles guère moins. Le prince ? Il souffre d’être beau et riche, car les femmes se battent pour partager son lit. Quant à la fée… disons qu’elle a bien connu le père de Cendrillon, entre autres…

Cendrillon, Services et châtiments (premier tome donc) est une BD qui m’a enchantée. Tout d’abord, un conte, ce que j’aime. Ensuite, une version toute personnelle, avec quelques épisodes de la jeunesse de la marâtre évoqués, de même pour celle de la fée : autrement dit, ces petits retours en arrière que j’affectionne. Les visions de la marâtre, avec une vignette sur le bal tel qu’elle l’imagine pour Cendrillon : la case en sépia représente la pauvre jeune fille livrée à la vue de tous, proie ficelée. Et puis, les dessins, magnifiques. Les regards notamment sont si expressifs !

Superbe première de couverture. J’aime tout, la typographie, la couleur de fond avec sa très légère marbrure, la disposition des personnages, les rictus des demi-sœurs.

Une bande-dessinée superbe. Je l’adore. Ce premier tome s’arrête juste avant le bal…. Vivement la suite !

Cendrillon, Services et châtiments, scénario et dessins de Trif, couleurs d’Andrea Celestini, textes de Master Tabou, éd. Tabou, 15€