Jusqu’à présent, la collection e-ros n’a pas proposé de titre commun à des auteurs en-dehors des collectifs thématiques pour lesquels est lancé un appel à textes de temps à autre. Avec Domestiqué(e)s, une première exception, puisque deux auteurs ont écrit chacun un texte : Martine Roffinella, Chienne de brosse et Ian Cecil, La Chienne.

Il y a plus d’un an à présent, Ian m’avait adressé trois nouvelles sur le thème de la domination, dont La Chienne. J’ai été très réticente pour un des trois textes, mais avais apprécié Le Dîner et La Chienne, ce texte actuellement publié. L’idée de l’auteur était de réunir les textes dans un recueil intitulé Les Chiennes. Mais il avait d’autres publications prévues au cours de l’année : Sexagésime et L’Impératrice. J’ai donc reporté cette idée de publication à plus tard.

Dans le courant de l’été, Martine Roffinella m’a fait parvenir une nouvelle intitulée Chienne de brosse. Elle avait déjà écrit un texte que j’ai trouvé remarquable pour le recueil Entre ses cordes sous le titre de Chienne de traîneau. Elle pensait peut-être continuer dans cette voie et confectionner un recueil autour des chiennes.

Je me suis alors demandé s’il ne serait pas intéressant de réunir les deux textes, Chienne de brosse et La Chienne. Quitte à chacun ensuite de créer un recueil de textes s’il le souhaitait. Le titre Les Chiennes avait été avancé, puis nous avons réfléchi à d’autres propositions. Le titre final est donc Domestiqué(e)s.

Les deux récits ont été écrits à la première personne. Chienne de brosse narre l’arrivée inopinée d’une personne venue poser des pièges à puces dans un appartement où vit (et se masturbe) la narratrice. La Chienne narre la prise de fonction d’un secrétaire particulier auprès d’une dame autoritaire et sadique. Chaque texte est un huis-clos : l’action de Chienne de brosse est concentrée dans l’appartement de la narratrice (et même plus spécifiquement dans la salle de bain), tandis que le narrateur de La Chienne, malgré des retours à son domicile où sa petite amie l’attend (et attend surtout l’argent qu’il a gagné), s’enferme de lui-même dans cette relation étrange : impossible de la raconter à autrui, puisque personne ne le croirait.

Ce sont deux textes vifs, assez déroutants. Et je l’espère, une lecture agréable. Elle l’a été en tout cas pour moi.

Domestiqué(e)s, Martine Roffinella (Chienne de brosse) et Ian Cecil (La Chienne), ill. de couv. de Jahyra, éd. Dominique Leroy, coll. e-ros D/s, 1, 49€