Villa Les Amazones est une nouvelle de quarante pages que j’ai lue cet après-midi, après avoir constaté que je ne connaissais en définitive qu’assez peu de titres du catalogue des éditions Dominique Leroy, et notamment, en dehors du titre gratuit Une Cuisante Rencontre, que je n’avais rien lu de la romancière et nouvelliste à l’importante bibliographie, Marika Moreski.

Marika Moreski se met elle-même en scène dans ce texte court que l’on peut décomposer en plusieurs étapes :

  • Marika se rend à la villa Les Amazones pour voir deux jeunes femmes, malheureusement absentes
  • Retour à son domicile où un esclave l’attend, description de différents « jeux » menés avec cet esclave et réflexions à leur sujet.

« À peine avais-je introduit la clé dans la serrure que j’entendis quelqu’un bouger précipitamment à l’intérieur. J’esquissai un sourire amusé en imaginant l’esclave affolé par mon retour prématuré. »

  • À nouveau à la villa où elle a été conviée le soir-même.

La partie la plus importante se déroule dans la villa: après une introduction, c’est le récit de ses hôtes, Laure et Véronique, en deux parties, qui constitue le cœur de la nouvelle. Les deux jeunes femmes expliquent de quelle manière elles ont eu leur premier esclave, puis comment l’esclave actuel après la mort du premier est venu à le remplacer. Les deux récits sont entrecoupés et suivis d’une scène où l’esclave est prêté à Marika pour la nuit comme le veulent les règles de bienséance. La nouvelle se termine de manière un peu abrupte.

La nouvelle est donc organisé autour d’une alternance de descriptions (et de réflexions de Marika) et de narrations, avec une place importante accordée au récit dans le récit, où le personnage principal n’est plus Marika mais le couple de jeunes dominatrices à la cruauté sans pareille.

Villa Les Amazones est une nouvelle sadomasochiste comprenant des scènes inventives. On peut y lire des jeux récurrents comme l’esclave-porte-manteau, le slip humide de sécrétions placé comme un masque sur le visage de l’esclave, ou l’obligation pour l’esclave porter un habit particulier alors qu’il fait extrêmement chaud, avec cependant quelques variantes, notamment pour ce supplice de la sudation, qu’il soit imaginé par Marika ou par Laure et Véronique.

Un texte qui n’est pas non plus dépourvu d’humour…

« Mais n’allez pas croire que je sois un monstre de barbarie. Je sais que toute sueur mérite récompense. Je ne voudrais pas que mon esclave se déshydrate. Aussi peut-il boire à volonté… l’eau du bidet dans laquelle, le matin ou la veille au soir, je me suis lavé le sexe, le derrière et, quelquefois les pieds. »

Villa Les Amazones, Marika Moreski, éd. Dominique Leroy, coll. Le Septième Rayon, 2,49€ (PDF, ePUB, Mobipocket)