Après Villa Les Amazones, j’ai poursuivi aujourd’hui la lecture des œuvres de Marika Moreski avec De bien vilaines manières, textes écrits au début des années 2000 et numérisés en 2012, agrémentés de quelques illustrations en noir et blanc.

De bien vilaines manières est un ensemble de trois nouvelles. Les deux premières mettent en scène le même personnage, Sissy, un esclave féminisé, lors de son arrivée dans un pensionnat de jeunes filles où il doit servir au mieux les demoiselles, puis, dans un deuxième texte, chez sa maîtresse Natacha où il sert de soubrette lors d’un après-midi où Natacha et deux amies prennent le soleil, et pendant le dîner où celles-ci sont rejointes par leur compagnon. La troisième nouvelle se situe dans un autre contexte : une dominatrice rentre chez elle après un voyage pendant lequel elle a confié son mari-esclave à sa jeune protégée, Armelle : retrouvailles avec son esclave, avec Armelle la jolie rousse qui partage alors son lit et projet de revoir un homme précédemment rencontré.

Pensionnat pour jeunes filles décrit les nouvelles fonctions de Sissy : l’humiliation en est la principale composante (par la tenue portée, les tâches effectuées, les moqueries de pensionnaires).

Ce récit, comme le suivant, sont présentés comme véridiques, témoignages que Marika Moreski rapporte fidèlement en gardant les prénoms des protagonistes.

Dans Barbecue chez Natacha, Sissy est au service de chacune et de chacun, est humilié, frappé, mais aussi mis à contribution pour des services sexuels.

Au fil des textes, l’homme esclave perd toute dimension humaine. Si on veillait à sa tenue dans la première nouvelle, si on lui parlait pour lui expliquer son rôle, il cesse de susciter le moindre intérêt dans Le Repos de la guerrière. C’est d’autant plus frappant que l’homme est qualifié de « mari ». Il ne peut même pas servir de gode de chair à Armelle lors de l’absence de la dominatrice. L’être est anéanti.

La perversité de la dominatrice éclate dans des phrases que je considère pour ma part comme humoristiques. A l’instar de l’extrait cité dans Villa Les Amazones où l’esclave pouvait se désaltérer à son aise, mais dans un bidet, on peut trouver dans De bien vilaines manières une phrase comme :

« Par précaution, je le menotte au volant et je lui prends les clefs. La nuit s’annonce très fraîche et je ne veux pas avoir l’inquiétude de penser qu’il a osé mettre le chauffage. »

De bien vilaines manières, Marika Moreski, éd. Dominique Leroy, coll. Le Septième rayon, 2,49 €