J’ai lu à sa sortie aux éditions Dynamite L’Antre de la terreur, Les Aventures sexuelles de Lilian et Agathe et avais aimé cette BD glauque où des personnages ayant existé côtoyaient ces deux jeunes filles perdues condamnées au sexe à outrance. Également de Solano Lopez, voici à présent Sexy Symphonies, aux éditions Dynamite à nouveau, collection Canicule. Une BD que j’ai aimée, à nouveau, malgré son caractère pornographique prononcé.

Pour plusieurs raisons : tout d’abord l’unité créée par l’aventure de deux jeunes écolières enfermées dans les toilettes de l’école pour s’adonner à une séance de masturbation à l’aide d’un gode et… d’une BD, celle que nous lisons au moment même. Cette mise en abyme est quelque chose que j’aime beaucoup. Ensuite, la succession de courts récits sans paroles (contrairement à celui des deux jeunes filles). Pourquoi des paroles dans une BD pornographique ? Souvent, celles-ci sont sans intérêt. Et le fait d’avoir des planches muettes force le dessinateur, il me semble, à travailler davantage sur les expressions du visage, sur les attitudes des personnages. De fait, tout dessin devient plus expressif. Si vous tenez la BD entre vous mains, vous remarquerez un exemple ne serait-ce qu’avec la 4e de couverture : une femme dort, on voit son visage en gros plan. Quelque chose se passe, cela la réveille. Elle comprend. Nous aussi. Nous n’avons vu que son visage. Voire, en dernière case présentée en 4e de couverture, un œil uniquement. Puis, je peux souligner la créativité avec des personnages étranges (dans les planches consacrées à la mythologie), l’humour (tel est pris qui croyait prendre dans plusieurs situations). Enfin, la postface de Christian Marmonnier dont j’apprécie l’érudition. Cette « postface volontairement bavarde » en trois pages (illustrations comprises) est tout à fait intéressante. C’est le genre d’informations que j’aimerais trouver davantage dans des bandes dessinées. C’est une porte vers une compréhension de l’oeuvre, c’est montrer le travail effectué pour parvenir à un livre comme celui que l’on tient dans les mains.

Sexy symphonies, Solano Lopez, éd. Dynamite, coll. Canicule, 16€