Je déplorais récemment que les éditions Delcourt ne m’adressaient plus de BD érotiques, mais des « BD de filles » (je ne sais pas très bien comment les qualifier autrement) et disais que si c’était pour m’adresser des BD qui ne soient pas dans les thématiques de mon blog, soit érotisme/sexualité, je préférais alors que l’on m’adressât au moins quelque chose qui me plaisait, soit des BD historiques. J’ai été entendue, sur les deux points, avec cette bande dessinée, Les Infortunes de Madame de Beaufleur.

Je ne suis plus la collection Erotix depuis la publication de Gwendoline en course pour la Gold Cup et autres raretés de John Willie. Mais qu’ai-je manqué ? Je n’ai pas aimé le premier volume des aventures de Magenta, la détective, aurais-je aimé le deuxième volume ? Peu probable. J’ai déjà lu La Vénus à la fourrure de Guido Crepax d’après l’oeuvre de Sacher-Masoch, L’Ecole des biches de G. Lévis est publié aux éditions Dominique Leroy, je crois même l’avoir sur mon ordinateur, en attente de lecture, etc. Bref, je reprends cette collection au bon moment, avec une BD inconnue, un scénariste/dessinateur inconnu. Et j’ai trouvé cette BD pas mal du tout.

Complot, traîtrise, fuite, asile donné en ambassade ou en couvent, errance. Madame de Beaufleur est accusée d’avoir empoisonné son mari. Elle est sauvée par son ancien amant. Jusqu’à quand ? Sa beauté et son insatiable appétit sexuel sont des alliés précieux pour la fugitive.

De très beaux décors, avec des cases chargées par des éléments d’architecture ou de tapisserie, et parfois, dans une opposition totale, des personnages sur un fond blanc, une absence complète de décor. Certaines cases donnent ainsi l’impression d’un détourage artificiel, et j’apprécie assez peu l’effet produit par ces cases.

L’aventure ou plutôt les mésaventures de Madame de Beaufleur tiennent suffisamment en haleine le lecteur, le scénario est donc correctement pensé, même s’il n’est pas particulièrement original (il se plie aux règles du genre).

 Les Infortunes de Madame de Beaufleur, Giovanni Venturi, éd. Delcourt, coll. Erotix, 13,95€