Le premier livre sur la sexualité que j’ai lu était de Tracey Cox. C’était il y six ans. Je garde un souvenir ému de cette période où j’écarquillais les yeux quand il était question de fessée ou d’une sortie en club échangiste (pas pour pratiquer, non, pour voir ! Tracey Cox suggérait de tenter le frisson d’être dans un lieu où tout pouvait être possible, sans la nécessité de faire quoi que ce soit.) Je trouverais sans doute à présent le livre un peu fade. Et pourtant à cette époque que de perspectives il avait ouvert. La première était d’ouvrir le dialogue, avec mon mari, sur ce que chacun souhaitait, sur ce que nous souhaitions ensemble.

Souvent, à présent, je lis les guides sexo que je reçois en nombre d’un œil distrait. Il y est souvent question des mêmes choses et je m’ennuie à les lire. Tracey Cox a tout de même un ton particulier, quelque chose qui sort de l’habituel discours : elle utilise des dictons, des expressions populaires, fait des comparaisons un peu simplistes sans doute, mais des comparaisons qui facilitent la compréhension. C’est la sexualité sous diverses formes mise à la portée de chacun. Donc, même si je suis un peu blasée avec cette « littérature », je lis en souriant des pages de Tracey Cox, ses anecdotes personnelles qui parsèment ses explications…

Petites leçons de sexualité (à lire à deux) a été édité en début d’année par Larousse dans un petit format qui tiendrait dans un sac à main un peu large, vu l’épaisseur de ce livre à couverture rigide. Particularité du volume : la douceur de sa couverture noire. C’est un livre à caresser… Les illustrations colorées, en première et quatrième de couverture, me plaisent aussi beaucoup. Par contre, de très rares petites illustrations sans couleurs figurent à l’intérieur du volume. La mise en page est soignée, très claire. Un usage important est fait de la graisse et certaines phrases sont mises en exergue, dans de petites colonnes où se trouve un grand point d’exclamation.

On peut aimer comme détester, je pense, l’insistance de Tracey Cox à nous dire quoi faire. L’impératif est omniprésent. Beaucoup de structures de phrases utilisent la subordonnée de condition : « Si vous…, alors… » Les phrases sont affirmatives, péremptoires.

Ce guide sexuel est sans nul doute « à lire à deux », comme le mentionne le titre. Il y a ainsi l’avis de l’auteur, ses assertions, et ce qu’on en fait : est-il vrai que les hommes font, sont…. ? Tu réagis, comment, toi ? De la généralisation au cas particulier, car aucun guide sur la sexualité ne peut prétendre analyser les ressentis individuels. On en revient à ce premier livre sur la sexualité que j’ai pu lire : il a été intéressant dans la mesure où il a ouvert le dialogue, et que Tracey Cox y encourageait avec ses déclarations – souvent fondées, il n’y a ici pas de critique négative de ses propos, même si tous ses conseils ne sont pas à suivre à la lettre non plus.

Le guide n’a pas de thématique précise : il est aussi bien question de séduction, du baiser, de l’image que l’on a de soi, du temps que prend un rapport sexuel, du mythe de l’orgasme simultané, de la monogamie, du point G, du couple homosexuel, des bruits pendant le sexe, de la dureté du sexe masculin, de sextoys, etc. Une lecture qui survole un ensemble de questions, un livre à partager avec son amoureux/se quand on se pose des questions que l’on n’ose encore pas lui poser directement… Petites leçons de sexualité pourrait ainsi être la toute première lecture d’un couple, avant d’aborder ses propres attentes en matière de sexualité…

Petites leçons de sexualité (à lire à deux), Tracey Cox, éd. Larousse, 12,90€