transports-communTransports en commun est l’œuvre de deux auteures. Publié aux éditions Tabou en septembre, il s’agit d’un recueil de nouvelles d’un érotisme cru, parfois drôles et pétillantes, parfois étranges ou macabres.

J’ai reçu juste avant mon départ en long week-end une enveloppe remplie de livres adressée par l’attachée de presse des éditions Tabou, qui n’est autre qu’une des auteures de ce Transports en commun. Plusieurs livres dont la lecture s’égrènera sur plusieurs semaines sans doute vu que plusieurs livres d’autres maisons d’édition sont empilés, eux aussi en attente d’une lecture, sans oublier sur ma liseuse le récent livre de Marie Godard…

Transports en commun, je l’ai découvert avant-hier, contient une dédicace : « à Stéphanie. Des livres, vous en lisez des tonnes. J’espère que vous trouverez ici quelque chose d’original et de plaisant. […] » Leeloo est bien placée, vu mes retours de lecture des romans des éditions Tabou, pour savoir que je réserve assez souvent un accueil mitigé aux publications de cette maison d’édition. Pour les BD, tout va bien. Dès qu’il s’agit de romans ou de nouvelles, j’ai l’impression de ne pas être la lectrice qui convient. La maison d’édition a une ligne éditoriale qui me fait souvent reculer. Tout ce qui touche à la mort m’est difficile à lire. Le fantastique macabre me répugne.

Il y a dans ce recueil de nouvelles quelques textes que j’aime moins, à cause d’une chute macabre. Il en est ainsi de La Mécanique du désir de Deniès Miège, où j’ai pensé « berk, c’est répugnant » lorsque l’énigmatique étudiant décortique le corps de la jeune femme et le mâche. La chute de Gangbang style de Leeloo van Loo m’a aussi gênée. (J’ajoute que l’évolution psychologique du personnage de Mathilde me semble trop subit, je n’ai pas particulièrement aimé ce texte, même sans prendre en compte la chute.)

Par contre, plusieurs textes m’ont beaucoup plu. Plus légers, joueurs, je disais drôles et pétillants un peu plus haut, comme la correspondance de deux collègues de travail dans Extra Conjugalité (pp. 161- 175). Il en est de même de Spéculum de la même Leeloo van Loo qui relate le jeu sexuel entre une patiente et son gynécologue, taraudé un temps par ses fantasmes naissants d’un côté et par des règles déontologiques de l’autre. Le jeu avec un praticien trouve écho dans une autre nouvelle, La Gifle, également de Leeloo van Loo : une femme délaissé par son homme va trouver un sexothérapeute. Tout en feignant de croire que cela fait partie du traitement, car ainsi le présente le praticien sans se départir de son sérieux, la patiente entre dans le jeu du sexothérapeute et de son assistante. C’est sans doute ma nouvelle préférée du recueil. (J’ai écrit un Journal d’une sexothérapie, si vous vous en rappelez… L’ingénuité de la patiente livrée à des mains expertes, pour son bien –  évidemment, cela me parle beaucoup…)

Extrait :

– Vous croyez vraiment que…

– Ne discutez pas. Ça m’indispose. On se revoit lundi et d’ici là, je vous interdis également de vous masturber. Vous le ferez ici. Et vous allez d’ailleurs vous y coller immédiatement. Détendez-vous, la finalité est d’ordre strictement thérapeutique. (p.17)

La Conversation de Denise Miège m’a intéressée pour sa construction. Transports en commun, de la même auteure, nouvelle qui donne dont son titre au recueil, a une chute étrangement subite, que l’on n’aurait absolument pas attendue en commençant la lecture de cette nouvelle. De fait cette chute reste en mémoire longtemps après avoir fermé le recueil. Alors que j’ai souvent peine à lire des textes où un viol est commis, j’ai bien fait de lire la nouvelle portant ce titre, Le Viol (texte de Denise Miège également). Un traquenard pour un jeune homme alléché par les promesses de deux jolies filles… J’en ai apprécié le retournement de situation.

Je ne vais pas faire le tour complet de ces nouvelles. Il y en a quinze, sept de Denise Miège et huit de Leeloo van Loo. Les écrits de l’une et de l’autre s’alternent.

Mis à part quelques textes, j’ai beaucoup aimé ce livre. Et j’y trouve, comme l’espérait Leeloo van Loo dans sa dédicace « quelque chose d’original et de plaisant ».

Transports en commun, Denise Miège et Leeloo van Loo, éd. Tabou, coll. Les Jardins de Priape, 17 €

(Et, pour en savoir un peu plus sur Denise Miège, voir cette page : http://www.autour-des-auteurs.net/fiches/miege.html)