J’en ai dit quelques mots à l’occasion du billet de blog signalant la parution de Témoin : Sous la Cape est une collection qui propose des publications de « mauvais genres », dont  des textes érotiques, à la fois en impression papier à la demande et en numérique. J’étais tombée sur des eBooks, en avais lu, avais suivi le chemin qui menait au site de Sous la cape…

De fil en aiguille, j’ai discuté avec Pierre Laurendeau, auteur et éditeur (éditions Deleatur), qui m’a parlé des publications de la Brigandine, collection des années 70-80, de la prochaine réédition (à l’automne) de Cime et châtiment de son double, Pierre Charmoz, dans la collection Lectures amoureuses de La Musardine, et de quantité d’autres choses. Beaucoup trop de choses pour que je les garde pour moi. Chères lectrices et chers lecteurs de mon blog, vous avez de la chance, je vous transmets une partie des informations recueillies.

Tout d’abord, une vidéo où Pierre Laurendeau parle de la Brigandine et de son roman :

Ensuite, quelques questions et des réponses…

Comment les livres des éditions La Brigandine se trouvent-ils à présent réédités Sous la cape ?

C’était le projet de Sous la Cape : de l’inédit et de la réédition de la Brigandine (avant, j’avais suggéré à plusieurs éditeurs de rééditer un choix de Brigandine, arguant du côté « collector » de la série). On va voir ce que donne la réédition à l’automne à la Musardine de trois Brigandine en un volume des « Lectures amoureuses » (dont Cime et Châtiment, que j’ai écrit sous le pseudo de Pierre Charmoz) ; ceux que j’ai réédités Sous la Cape n’ont pas connu un enthousiasme délirant de la part du public, mais c’est aussi dû à l’absence de visibilité de la collection 🙂! Il y a pourtant la « Trilogie Lange » de Gilles Derais (alias Jean Streff) qui a la particularité d’avoir été publiée chez trois éditeurs différents : Bébé noir, Brigandine et Le Scarabée d’or, trois livres que j’ai réunis en un seul volume et qui a eu une bonne presse (notamment, Christophe Bier, dans l’émission Mauvais Genre).

Pourquoi Sous la cape ?

Mon ami Patrick Boman (auteur de nombreux ouvrages parus au Seuil, chez Picquier, Arléa, au Serpent à Plumes, etc.) n’arrivait pas à placer ses romans de vampires, trop décalés pour les maisons d’édition spécialisées. L’idée de Sous la Cape est née autour d’un verre au Bougainville, un café où se réunissaient alors des pataphysiciens, des surréalistes et des « sans-parti » comme moi et Patrick Boman, ou René Troin (également auteur Sous la Cape). Les trois livres de Patrick (Les Canines dans le pâté ; Amours, Délices et Morgue ; et Les Innommables, ont été rejoints par deux autres que j’ai coécrits (sous le pseudo de Pierre Charmoz) avec un mystérieux Studio Lou Petitou : Le Vampire de Wall Street et La Canine impériale. Et puis on en a eu assez de la vampiritude et on est passé à autre chose…

Je suis très content d’avoir publié le premier roman (inédit) de Patrick Boman, dont j’avais reçu le manuscrit en 1984, à l’époque de Deleatur (www.deleatur.fr), [note perso : La maison d’édition, créée en 1978 par Pierre Laurendeau, ne publie actuellement plus, en dehors de cette collection Sous la cape.] un roman de SF déglinguée pour lequel Thierry Vernet, le dessinateur qui a accompagné Nicolas Bouvier dans son voyage en Asie (L’Usage du Monde) avait fait des dessins. Mais l’événement éditorial le plus important, de mon point de vue, a été l’édition complète du cycle Francoquin, de Yak Rivais, dont Gallimard avait publié l’opus central en 1966 (Queneau aux manettes et Simone de Beauvoir dans le rôle de la médiatrice), ouvrage cultissime épuisé depuis belle lurette et comportant deux inédits ; l’édition Sous la Cape comporte 1.400 pages et Yak Rivais a fait une centaine de dessins originaux pour cette édition, tirée à cent exemplaires. Francoquin au pays des frères Cyclopus, la partie centrale publiée par Gallimard, ressortira début 2015 aux éditions Le Tripode.