a-volonteLa narratrice est malade, Ad libitum la tient, la possède, la hante. Et même quand AL (initiales d’ad libitum qui désignent le dandy de ses visions qui la contredit et la pousse à agir) finit par disparaître, Justine reste en errance, d’homme en homme, de constat désabusé en sursaut dans la réalité. Ad libitum (traduit par « à volonté », dans le titre, ce qui me semble ôter la force du mot) est une expression latine que Justine emploie pour nommer sa maladie. Une soif de vivre dans l’excès, au point de n’être jamais rassasiée. Il en est ainsi avec le sexe, avec l’amour. Elle prend la vie à bras le corps et finit étouffée.

Ce n’est pas un texte léger. Le roman est dur, assez dérangeant. La narration à la première personne rend ce texte poignant. On y est, on est Justine, on la sent souffrir, on entre dans ses crises. Il y a peu d’éclaircies dans cette histoire, car même la joie est excessive, Justine aime et hait successivement ou presque au même moment. Le texte est très dur pour la maternité qu’elle ne sait pas gérer : elle oublie régulièrement ses filles à l’école. Tout amour est éphémère, un nouvel objet remplace le précédent, dans une frénésie sans fin. Seule la mort délivre.

« Les gens comme moi ne peuvent pas être heureux et ne peuvent pas vivre. », p. 141

À volonté, Léa Rivière, éd. Blanche, 14,95€