club-priveGrégoire est, sous le pseudonyme de Monsieur X, écrivain érotique. Son épouse, la sculpturale Claire, est depuis peu sans emploi. Le neveu de Grégoire, Xavier, bande pour sa très jeune tante. Xavier a le sens des affaires. Il crée un « club privé » pour personnes très fortunées et emploie Claire. L’hôtesse opère sous le nom de Gwendoline, en compagnie de Sonia, sous l’œil bienveillant d’Eros, le barman (et accessoirement ancien élève de Grégoire). Claire devient la maîtresse de Xavier, avant de devenir serveuse topless puis pute de luxe, avec l’acquiescement tacite de Grégoire.

Ce roman pornographique de Gil Debrisac construit une histoire en crescendo sans fournir réellement de surprise au lecteur. C’est huilé comme une machine. Le texte ne me semble ainsi ni bon ni mauvais. Il fonctionne, les scènes s’enchaînent. Il manque cependant d’âme et ne réussit même pas, alors que cela semble sa vocation première (voire unique) à m’émoustiller. Tout est trop mécanique pour moi.

Une petite chose que j’aimerais souligner, car ce point me dérange : lorsque je lis un livre, je n’aime pas que l’auteur me répète ce que je sais déjà. Deux exemples, pris respectivement aux pages 110 et 120 du roman :

« elles [Gwendoline et Sonia] se donnent entièrement, l’une à son patron (et neveu, mais ça, Sonia ne le sait toujours pas), l’autre à son barman africain. »

Un lecteur un tant soit peu attentif sait parfaitement ce que Sonia connaît de la relation de Gwendoline/Claire. Ce genre de parenthèse m’exaspère donc.

« elle (Sonia) d’imaginer tout ce qu’elle imagine depuis cette confidence de Grégoire, dont elle ne connaît d’ailleurs toujours pas le prénom. »

Même remarque, Sonia appelle Grégoire Monsieur X, on sait pertinemment qu’elle ignore comment il se prénomme, même si elle le soupçonne d’être le mari de Claire.

Club privé, Gil Debrisac, éd. Blanche, 18 €