Je l’avoue, j’ai un a priori négatif quand je vois passer les couvertures de livres avec un homme torse nu ou un couple enlacé. J’ai l’impression que toutes les couvertures de romances se ressemblent, avec leurs effets visuels, leurs personnages jeunes, minces, etc. Une telle couverture semble, autant que j’ai pu le constater, susciter l’enthousiasme chez des lectrices, des blogueuses,… Et moi je soupire.

4ans-2mois-18joursAvant-hier, j’ai lu un billet de blog de Valéry K. Baran où l’auteure racontait qu’elle enverrait volontiers à qui lui en fait la demande un de ses livres (pour rédiger une chronique sur un blog, bien sûr. Autrement, un livre s’achète !). Comme j’avais déjà lu L’Initiation de Claire, que j’avais trouvé le texte bien écrit, j’ai donc demandé à Valéry si elle pouvait m’adresser autre chose. L’auteure m’a envoyé un récit court publié aux éditions Làska : Quatre ans, deux mois et dix-huit jours. Sur ma liseuse Kobo, la couverture ne s’affiche pas. Je me demande si c’est lié au poids du fichier, car l’eBook est bien plus lourd que ceux que je lis habituellement : cela vient donc de l’image de couverture. Cette couverture, je ne l’ai vue qu’après la lecture, lorsque j’ai cherché un lien sur le site des éditions Làska. Finalement, c’est heureux que je ne l’aie pas vue auparavant, car elle correspond en tout point à ce que je n’aime pas, alors que j’ai aimé le texte…

Une chose avec laquelle je n’accroche pas non plus : les scènes de sexe très longues. Souvent, je soupire aussi, je me lasse, je passe des lignes, parce qu’une longueur trop importante n’apporte à mon avis rien. Dans son récit, Valéry K. Baran a écrit une scène de sexe très longue. Et cette scène, j’ai pu la lire en intégralité. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a rien de mécanique, ce n’est pas une succession de positions décrites les unes après les autres. Il y a autre chose : la tension entre les deux personnages, les pensées de Yohan, ses doutes, l’attitude énigmatique de Thomas qui se modifie progressivement. Bref, il y a du sexe, beaucoup de sexe, mais autre chose à travers les scènes de sexe.

Je lis peu de romances. Je ne lis pas de romances dites M/M (autrement dit, entre hommes). Pourtant, je sais que je peux être émue par une histoire d’amour entre hommes. Je ne cherche pas particulièrement à lire ce type de textes et je ne me serais pas portée naturellement vers cette lecture sans avoir lu autre chose de l’auteure. L’initiation de Claire m’a permis de savoir que Valéry savait manier la langue. J’étais en terrain sûr pour pouvoir lire un tel livre. Au final, j’ai beaucoup aimé cette histoire. Cela n’a rien d’une romance nunuche (je me méfie beaucoup du terme « romance »), et c’est clairement un texte érotique. J’ai commencé la lecture dans un couloir de l’école de musique, en attendant la fin d’un cours, hier après-midi. L’histoire a été suffisamment prenante pour que je souhaite finir la lecture du texte le soir-même. Je peux faire durer des lectures qui ne me plaisent qu’à moitié, les reportant de jour en jour. Autrement dit, Quatre ans, deux mois et dix-huit jours ne m’a pas plu qu’à moitié.

Pourtant, j’y vois quelques petits défauts : des mots, des expressions récurrentes. Combien de fois les personnages, au moment d’une approche, se mettent-ils à frissonner ou à frémir ? L’expression du plaisir naissant est aussi trop souvent à mon goût lié à un bruit de souffle ou de voix (haleter, souffler, voire gémir ou autre verbe). De même, plusieurs expressions disent le retour à la réalité comme « recouvrer ses esprits ». Ce sont des détails cependant…

Je n’ai rien dit de l’histoire racontée. Vous trouverez facilement un pitch sur le site de la maison d’édition qui vous éclairera à ce propos. Sachez aussi que l’auteure publiera prochainement un autre texte dans la même maison. Un nouvel éclairage sur les personnages de ce premier récit que je vais découvrir prochainement. Pour lire la genèse du texte : un article de Valéry.

Quatre ans, deux mois et dix-huit jours, Valéry K. Baran, éditions Làska, 0,99€ (sur Kobo, fnac, amazon) et 1,49$ sur le site de Làska.