sexy-worldFrédérique n’a encore jamais essayé un voyage en « réalité interactive » alors qu’elle travaille pour la boîte qui les conçoit. Elle craque pour un programmateur, Lionel. Et lorsque celui-ci lui demande en personne de participer à une phase de test en sa compagnie, elle ne peut refuser. Pourtant, ses appréhensions ne sont pas illégitimes, des bugs surgissent…

Le programme permet à deux personnes de sexe différent d’interagir dans un cadre soit-disant romantique, pour la St-Valentin. Mais le romantisme cède vite la place au sexe débridé : les autres personnages s’adonnent à la luxure et cherchent à entraîner Frédérique dans leur partouze. Heureusement, Lionel veille sur elle.

Les sensations ressenties sont décuplées dans ce monde virtuel. Le toucher notamment. Et lorsque les deux protagonistes se trouvent serrés l’un contre l’autre, la magie fonctionne. Mais est-ce dû à une attirance réciproque ou à ce mode virtuel ?

Le tempo de départ est lent. On lit les hésitations de Frédérique à plusieurs reprises. Je n’ai pas beaucoup aimé ces premières pages car elles m’ont semblé trop redondantes, l’histoire peine à démarrer. Heureusement, la suite adopte un autre tempo.

Trois mondes sont explorées : l’hôtel sous-marin, la ville du far west et le palais oriental.

Dans le premier, la scène d’orgie est brièvement décrite. L’anxiété gagne Frédérique, surtout quand des hommes cherchent à la toucher. Pour le lecteur, l’ambiance n’est pas érotique, on peut même se demander si l’histoire ne va pas virer au cauchemar.

Dans le deuxième, Frédérique et Lionel fuient rapidement. Ce passage dans ce deuxième monde serait facultatif, s’il n’était pas l’occasion d’une amorce de conversation. Je me suis demandé pourquoi le saloon est considéré comme un lieu romantique pour un couple qui souhaite fêter la St-Valentin. L’intérêt de ce passage tient en l’accroissement de la proximité des personnages. Chaque monde les rapproche d’ailleurs un peu plus l’un de l’autre.

Dans le troisième monde, même s’ils sont séparés au début, Frédérique et Lionel se rapprochent bien plus. Ce troisième monde évoque davantage la sensualité que le deuxième, mais là encore, des hommes cherchent un contact physique avec Frédérique, sans prendre en compte ses propres désirs. Cette idée de passer outre sa volonté me met mal à l’aise, j’ai craint qu’il n’y ait une scène de viol et je trouvais que Sexy World n’était finalement pas du tout sexy. De fait, la partie érotique qui conclut cette exploration du troisième monde est un soulagement. Il permet à la tension de se relâcher, le lecteur se sent enfin dans le genre de la « romance érotique ».

Le retour à la réalité est rude… mais HQN publie des textes qui finissent bien, et celui-ci ne déroge pas à cette règle !

J’ai moins aimé ce texte que le dernier que j’avais lu de Valéry K. Baran. L’attitude presque agressive de personnages masculins ne m’a pas plu. Bien sûr, on peut voir cela comme un danger pour la jeune femme, afin que la présence masculine soit rassurante. Lionel est le preux chevalier… Il en découle une distribution des rôles homme/femme malheureusement un peu trop traditionaliste pour me satisfaire.

Sexy World, Valéry K. Baran, éd. HQN, 1,99€ (à paraître le 6 février)