QuatreJeudis-BarbaraJ’avais lu il y a quelques semaines Dressage et Une Brune piquante de Bernard de Montorgueil. Je viens à présent de finir l’intégralité du Jardin des délices et des supplices avec Les Quatre Jeudis et Barbara. Dressage-int_graleCes deux titres peuvent se lire soit dans le volume dont je parlais (qui comprend donc aussi Dressage et Une Brune piquante), soit dans un volume indépendant.

Les Quatre Jeudis est le récit d’une vengeance. Une femme se place sur le chemin d’un jeune homme qui devient épris d’elle. Il est si fasciné par sa beauté qu’il ne pense plus qu’à elle. Il s’avère qu’il s’agit de sa tante. Ses parents la considèrent avec mépris et le jeune homme a interdiction de la voir. Mais c’est plus fort que lui… Il va l’adorer, quelles qu’en soient les conséquences, quel qu’en soit le prix à payer. C’est pendant longtemps un jeu du chat et de la souris qui se met en place, pour que la souris revienne, docile, dans la gueule du chat. Ce n’est pas le récit de B. de Montorgueil que j’ai préféré, loin de là. Sans doute parce que ces allées et venues du jeune homme étirent le temps sans que rien de décisif ne soit fait. C’est l’intérêt du jeu conduit par la tante, mais c’est moins intéressant du point de vue de la lecture, me semble-t-il.

Barbara est le récit cruel d’une unique séance avec un esclave choisi pour l’occasion dans un demeure réservée à ce type de plaisirs. Il va très loin, c’est atroce, mais le récit m’a paru particulièrement bon. Barbara van W. alterne violences physiques et psychologiques. Il est aussi beaucoup question de fétichisme du cuir des bottes ou des gants. Les tenues vestimentaires en imposent, le ton de la voix elle-même semble modifiée dans un vêtement digne de l’inquisition.

Morceaux choisis de Barbara :

« Barbara van W… fumait, asise sur le bras d’un fauteuil, dans le bureau de la Directrice et, ayant refusé déjà deux candidats, examinait, d’un regard froid, le bel animal humain qui lui était maintenant proposé. » (p. 79/104)

« Mais ce n’était qu’un prélude. Jamais elle n’entreprenait une flagellation sans être bottée, sachant que les bottes sévères d’une écuyère, ou les souples cuissardes, ou les prestigieuses bottines lacées à fins talons ne sont pas seulement un symbole du despotisme féminin mais l’accessoire le plus efficace pour l’asservissement psychologique des mâles que le galbe impérieux des jambes gainées de cuir fascine irrésistiblement. » (p. 81/104)

« Tu mens. C’est une douleur lancinante mais très supportable puisque tu n’es plus évanoui. » (p. 90/104)

Les Quatre Jeudis, suivi de Barbara, Bernard de Montorgueil, éd. Dominique Leroy, coll. Vertiges souvenirs, ePUB fixed ou PDF, 5,99€

Dressage, suivi de Les Quatre Jeudis, Une Brune piquante, Barbara, Les Jardins des supplices et des délices édition intégrale, Bernard de Montorgueil, éd. Dominique Leroy, coll. Vertiges souvenirs, ePUB reflow, PDF ou Mobi, 6,49€