sexe-voyageJ’ai mis plusieurs jours pour lire ce recueil. Je n’ai souvent lu qu’une nouvelle en soirée. C’est l’avantage de ce type de recueil : on peut lire à petites doses, par histoire courte. L’ensemble m’a bien plu. Il y a des recueils que je n’ai globalement pas aimés, et je reconnais qu’avec celui-ci c’est plutôt positif. Il y a une homogénéité dans la qualité.

Bien sûr, il y a toujours des textes qui me plaisent moins que d’autres. Je n’ai par exemple pas trop aimé le style de Train d’enfer d’Emmanuelle : les phrases nominales m’ont semblé trop nombreuses, elles étaient presque là pour ponctuer chaque phrase normalement constituée. Cela crée un rythme cahin-cahan. J’en profite aussi pour dire qu’il y a déjà eu un recueil sur le thème du train et que j’ai trouvé qu’il y avait trop de textes à nouveau sur ce thème dans ce recueil. Je ne lisais pas Osez 20 histoires de sexe en voyage pour lire un remake d’Osez 20 histoires de sexe dans un train. Outre Train d’enfer, il y a eu Les voyages forment la jeunesse de Stephie et Sud-Express de Jean-Charles Rhamov. Dans ce dernier, j’avoue que j’ai aussi été agacée par les pensées du personnage : « Sans doute parce que dans la femme, il existe, et il existera toujours quelque chose de profond, quelque chose d’éternel qui l’oblige à se soumettre à l’homme. Ne sommes-nous pas faits pour investir, pour prendre d’assaut, pour pénétrer ? Et les femmes, ne sont-elles pas faites pour être prises, pour être pénétrées, pour s’offrir ? » Sa philosophie de pacotille jointe à ce que le personnage considère comme de l’imagination (une rencontre dans un train, ils font l’amour et se séparent, quel scénario original en effet!) m’ont sérieusement gonflée.

Au final, les meilleures surprises sont souvent venues d’auteurs que je ne connaissais pas (ou dont j’avais peut-être déjà croisé le nom sans m’en souvenir). Citons Le Concert de Liliane Fournier où le voyage se déroule dans la benne d’un camion, avec ses odeurs pestilentielles. Ce n’est pas glamour, la femme et l’homme sont sales, les douches sont glacées, et pourtant (ou grâce à cela) la magie opère. La fin est assez prévisible, mais je reconnais qu’il était difficile de proposer une chute différente. Autre texte qui m’a beaucoup plu : Paris d’ailleurs d’Ornella Caldi. Paris est laid dans les yeux de celle qui l’habite, mais si beau dans le regard d’une touriste italienne émerveillée par tout ce qu’elle voit. Je vais citer aussi Nourrir la bête de Sidonie Mangin que j’ai beaucoup aimé parce qu’il s’agit de pulsion, d’acte instinctif, animal, quelque chose contre lequel on ne peut pas lutter. Je suis moins enthousiaste par contre sur les deux grosses fautes d’accent qui s’y trouvent (ou/où et a/à, c’est pire qu’un accent, c’est une erreur grammaticale). Je citerais aussi Camping sauvage d’Aude dite Orium, auteure déjà croisée dans les recueils précédents. J’avais plutôt aimé son précédent texte, beaucoup moins – je crois me souvenir – celui d’avant. Celui-ci a ma préférence. Des amies font du camping sauvage avant de trouver un homme chez lequel elles vont pouvoir dormir. Enfin dormir… façon de parler. Et quand il y en a pour trois,… Pour finir, Sur la plage abandonnée de Camille Destouches. Le thème du voyage est quasiment absent. Certes, les personnages se trouvent dans une résidence de vacances, mais cela n’apparaît guère. Un baby-sitter gigolo qui se repose de cet état en s’occupant des enfants d’une femme qui ne s’intéresse pas à lui, jusqu’à ce que… Le thème du travestissement me plaît beaucoup.

D’autres histoires sont très bien, je ne vais pas toutes les citer. Et puis, cela ne fait pas de mal de nommer des auteurs encore jamais mentionnés. Il y a eu un très bon renouvellement dans ce volume, c’était à souligner.

Osez 20 histoires de sexe en voyage, Collectif, éd. la Musardine, 8,20€