Chienne-BaskervillePastiche ou parodie ? On peut lire une légère moquerie derrière l’écriture de La Chienne des Baskerville. Comme Sherlock Holmes n’est pas porté sur la bagatelle, il peut sembler irrévérencieux de remplacer la pipe du grand détective par des pipes d’une toute autre nature prodiguées par Watson, Penelope de son prénom (une femme, oui ! comme dans Elementary), petite-fille du Dr Watson, elle-même médecin – avec une spécialité pour le moins surprenante – au détective Holmes, Sherfresh de son prénom, petit-fils du détective que tout le monde connaît (preuve s’il en est que Sherlock aurait tout de même forniqué une fois dans sa vie).

Dans le domaine des Baskerville, des jeunes filles ont disparu. Le pasteur s’inquiète et consulte le détective (et accessoirement le Dr Watson qui l’ausculte), qui ne peut malheureusement pas se rendre sur place. C’est à la voluptueuse Watson qu’échoit la tâche de découvrir où se terrent ces jeunes filles. Sir Roderick met la main à la pâte (ou plutôt aux fesses) tandis que Lady Barbara, sa sœur, séduit le Dr Watson qui apprécie à leur juste valeur les caresses féminines. Lady Barbara lui conte la légende de la « chienne des Baskerville », surnom donné à sa grand-mère, une « tribade » dont les mœurs sont restés dans les mémoires et dont le portrait en pied trône dans la demeure.

Ce roman, relativement court (il est composé de neuf chapitres, 100 pages sur ma liseuse), est plaisant, car humoristique. Il fait une part belle aux scènes de sexe hétéro- ou homosexuelles, ainsi qu’à des scènes de flagellation : Lady Barbara a des penchants sadiques.

On peut être un peu gênés par la jeunesse de certains personnages. Les jeunes filles du village, certes consentantes, vont en effet consulter Sir Roderick pour étudier les choses de l’amour ; l’enseignement se fait alors en profondeur…

La légèreté de ton prime cependant : le déguisement de Sir Roderick, par exemple, rapproche La Chienne des Baskerville du vaudeville.

J’ai trouvé dommage que le roman se termine en bacchanale, dominée par l’esprit de vengeance. Les jeunes filles, comme des furies, se jettent sur leur ancienne tortionnaire. J’aurais préféré une fin plus ludique (même si quelques éléments nous autorisent aussi à sourire).

La Chienne des Baskerville, Eric Vernac, éd. La Musardine, Sexie, à paraître en octobre 2015.