Osez-20-histoires-correspondance-erotiqueLe dernier opus de la collection Osez 20 histoires est dédié à la correspondance érotique. Je n’ai cherché à y participer, je n’ai rien écrit, mais cela ne me déplaisait pas de lire les différentes nouvelles retenues. Comme d’habitude, j’ai des préférences, certaines ne m’ont aussi guère plu, voire je n’ai pas réussi à lire en intégralité certains textes. Dans l’ensemble, le recueil m’a un peu moins plu, m’a paru un peu moins bon que de précédents titres.

Ce que j’ai le moins aimé, tout d’abord :
La lettre de MMK qui se présente comme une seule unique lettre avec beaucoup de conditionnels (beaucoup trop, j’aime l’emploi du conditionnel sur de brefs passages, mais pas quand l’usage en est aussi fréquent),
L’été de l’hirondelle de Vincent Rieussec : on ne lit que les textes de la femme volage à son mari, je regrette l’absence d’échange épistolaire, le fait de ne lire qu’un seul point de vue. Je n’ai pas vraiment accroché à l’histoire non plus.
Correspondances de John Elliott : un peu poussif, un trop grand manque de naturel.
La Correspondance se prend en queue de Nicolas Toukky : j’ai sauté quelques lignes ici ou là, l’incipit est invraisemblable, la suite s’enchaîne avec plus de naturel mais je me suis lassée.
Fucking Darlings de Ian Cecil : le langage SMS, très peu pour moi, j’ai tout de suite abandonné la lecture.
Le Rêve de Giaggiola degli Spiriti : la lettre ne semble là que parce que le thème l’exige.
Entre amis de Louise Laëdec : l’erreur de destinataire, encore ! (La nouvelle Une tasse pour deux d’O-négatif commençait de la même manière). La chute résout tout un peu trop facilement à mon goût.

Ce que j’ai préféré :
Des mots de feu de Julie Derussy : les lettres d’une femme et de son mari, soldat pendant la grande guerre. La correspondance d’un poilu, mais oui, excellent choix ! Des lettres osées et émouvantes.
Mensonges au paradis de Vagant : amusante ! Je me suis en tout cas amusée en la lisant.
Défis épistolaires de Clarissa Rivière : excitant ! Une série de défis à relever pour une libertine qui se lasse des situations convenues…
Le secret de tante Anne d’Amandine Gantois : il me semble ne jamais avoir lu encore de nouvelle de cette auteure. L’histoire est bien menée. La découverte d’une correspondance d’un parent n’est pas très original (d’ailleurs, Correspondances de John Elliott utilise un procédé similaire), la découverte de la personnalité de cette personne à travers ses écrits est un procédé aussi attendu (même chose dans le texte cité ci-dessus), mais j’ai bien aimé le fait que cette correspondance lie une femme et un détenu, gitan qui plus est, il symbolise l’aventure.
‘Lut de Noann Lyne : la correspondance est limitée au strict nécessaire, le cadre narratif est développé et cela fait du bien de lire un tel récit après des textes qui ne sont que composés de lettres. On sourit lorsque la narratrice se trompe en pensant qu’il s’agit d’un homme du bâtiment voisin. Ce texte raconte une version masculine du « girl next door » : l’homme auquel on ne prête pas attention et qui pourtant…
Le Rouge de ta queue de Julien Ligny : les premières lignes ne sont pas terribles, un homme ne se souvient pas des circonstances de la mort de son ami, ça semble tiré par les cheveux. L’homme des bois l’est aussi, mais on commence à être pris par l’histoire et on se laisse aller. C’est rude, sauvage, et j’aime beaucoup. Deux hommes comme toujours chez cet auteur, sauf erreur de ma part.

Quelques regrets aussi : j’aurais aimé une conclusion à Vous ne retrouverez jamais plus de Raphaël Boudin. Positive, négative, peu importe, mais là, c’est cruel de laisser le lecteur ainsi en suspens, attendant de savoir si la dernière lettre est suivi d’un effet. J’aurais bien vu un retour à l’expéditeur pour cause du décès de la destinataire (après tout, elle était plutôt âgée). Non ? Vous trouvez ça encore plus cruel ?
Un seul être vous manque de Jean Darmen était bien parti, j’aime bien l’écriture du manque, mais le personnage de Béatrice avec le possible trio  détonnent par rapport aux premières pages…

Les autres textes, à savoir La Reine des abeilles d’Axelle F., Mélanie et Geek82 d’Anne-Charlotte Tunroc, Une Tasse pour deux d’O-négatif, Lettre ouverte à Colette James auteur de nouvelles érotiques d’Aude dite Orium et Pourvu que la mémoire de cette femme m’échappe pour de bon de Jon Blackfox, m’ont plus ou moins plu. Des lectures relativement agréables, même si ces textes ne font pas partie de mes préférés.

Un petit mot sur la couverture : je la trouve jolie. Elle fait écho à celle d’Osez 20 histoires d’amour et de sexe (que par contre je n’aimais guère).

Osez 20 histoires de correspondance érotique, éd. La Musardine, 8,20€