Contes-mémé-lubriqueLes Contes de mémé lubrique ont une nouvelle vie en poche dans la collection Lectures amoureuses de la Musardine. De l’auteur, Etienne Liebig, je connais La Vie sexuelle de Blanche-Neige et Sexercices de style. J’avais plutôt aimé le premier, considéré que le second était intéressant d’un point de vue formel mais peu palpitant à lire. Avec Les Contes de mémé lubrique, retour au pastiche. Le titre peut faire penser aux Contes de ma mère l’Oye, mais les contes de ce recueil de « mémé lubrique » empruntent aussi à d’autres œuvres : on y lit ainsi les aventures d’Aladdin tout comme que celles d’Hansel et Gretel, en plus de pastiches de contes qui figurent dans l’œuvre de Perrault comme La Belle au bois dormant ou Barbe bleue.

J’aime beaucoup les pastiches de contes, en témoignent mes lectures (et surtout les publications dans la collection e-ros) du Petit Chaperon vert et de Sans-Nichon et La Petite Biroute de verre de Miriam Blaylock. J’en aimais la verve et l’humour. Ce sont malheureusement des qualités absentes de ce recueil des Contes de mémé lubrique, même si les titres et leurs jeux de mots comme Le petit poussait, la mère tirait ou Le Brave Petit Tailleur de pipe peuvent faire légèrement sourire. Ou alors l’humour de ces textes ne m’atteint pas. Après tout, je suis sensible à certaines formes d’humour, pas à toutes. Je n’ai en tout cas en lisant ces textes ni ri ni souri, alors que je m’attendais à ce que ce soit le cas.

Ce qui est appréciable dans ce recueil : l’écriture en est belle, tout à fait ce que l’on peut attendre de contes classiques. Seulement, chaque allusion au sexe est servie par des termes argotiques, par des expressions imagées, qui dans un tout autre contexte seraient fort bien venus et appréciables (l’originalité et la diversité du vocabulaire sont à souligner), mais qui, dans ces contes, offrent un trop grand décalage de registre de langue. Ce trop fort contraste ne me plaît pas. Je trouve que cela enlaidit le texte.

Toutes les occasions sont bonnes pour évoquer la chose, sous quelque terme que ce soit, mais évoquer le sexe au détour d’une phrase n’a rien d’érotique en soi, ce sont simplement de multiples parenthèses grivoises trop courtes pour être réellement goûtées. Comme si tout était prétexte pour parler de sexe, mais en parler seulement en trois mots. J’ai trouvé cela décevant.

Finalement, je ne suis pas parvenue au bout de ce recueil, j’ai laissé tomber. Il y aurait eu matière à écrire des textes plus originaux, plus drôles. Je ne me souviens pas d’avoir été déçue par un livre de la collection Lectures amoureuses. Ce doit être le premier que je n’aime pas.

Les Contes de mémé lubrique, Etienne Liebig, éd. La Musardine, coll. Lectures amoureuses, 8,95€