ombre-lumiere-6La BD Ombre et lumière de Paris Quinn est publiée en plusieurs tomes aux éditions Dynamite. J’avais lu le premier volume qui réunissait les tomes 1 et 2. Je reprends à présent ma lecture directement au tome 6 qui vient de paraître.

Ombre et lumière laisse autant place à l’écrit qu’au dessin, il s’agit moins d’une bande dessinée comme je l’indiquais au-dessus que d’un roman graphique. Ou plutôt d’histoires courtes, indépendantes ou en plusieurs épisodes. Dans ce tome 6, nous trouvons ainsi une histoire complète, intitulée Films amateurs et la troisième partie de deux autres histoires : La Plage et La Voisine. Je me souviens de La Voisine. J’en ai lu vraisemblablement la première partie. Je ne me souviens pas par contre de La Plage (mais le titre peut être trompeur, car il n’y a pas de plage dans la troisième partie de cette aventure). Je pense que l’on peut néanmoins prendre ces aventures en cours de route, car une partie forme une unité.

Ce sont les femmes chez Paris Quinn qui manifestent un désir insatiable, plus que les hommes, remplaçables, interchangeables, nécessitant d’être plusieurs pour satisfaire la femme. Elles dirigent (dans Films amateurs, Jackie met en scène tandis que son homme filme ce qu’elle a décidé de faire et de montrer), même lorsqu’elles se soumettent (car une soumise peut aussi avoir son propre soumis : on trouve cette configuration dans La Plage, car une soumise peut aussi susciter par son attitude la conduite que va tenir le maître de l’instant).

Ce qui est frappant dans ces aventures pornographiques, c’est la démultiplication. Des êtres qui se ressemblent (par la taille de leur verge dans Films amateurs, par leur couleur de peau à la fin de La Plage). Des regards : le voyeurisme à plusieurs niveaux, avec une caméra en plus de l’œil du candauliste, les regards multiples car les personnages sont multiples avec des points de vue sur la scène qui permettent au lecteur de visualiser différents angles.
Il y a un jeu de mise en abyme, un personnage raconte à autrui des scènes vécues grâce à des photos prises (La Plage) et cela va jusqu’au personnage qui sort de son rôle de personnage en s’adressant à Paris Quinn lui-même (La Voisine, p. 44) :

« Je ne sais pas ce que tu as, ces temps-ci. »
Reprenant son souffle, elle jette un coup d’œil hors de la case et, tout sourire, murmure à Quinn : « Nous, on le sait, hein ? »

Et bien sûr, tout cela agrémenté par des dessins très réalistes, magnifiques, tout en ombres et lumières et en dégradés de gris. C’est presque dommage que la couverture soit en couleurs.

Ombre et lumière, tome 6, Paris Quinn, éd. Dynamite, coll. Canicule, 14,80€