osez-obsessions-sexuelles« Obsessions sexuelles » est le thème du dernier recueil de nouvelles érotiques de La Musardine, dans la collection Osez 20 histoires. Il s’agit d’un recueil assez plaisant à lire. Je l’ai trouvé meilleur que le précédent sur la correspondance érotique, même s’il y a un peu trop à mon goût d’obsessions liées à une personne.

Les obsessions sexuelles peuvent revêtir tant de formes… Dommage de focaliser autant sur un homme ou une femme en particulier. Les nouvelles qui s’inspirent d’une telle obsession sont agréables à lire, ne le nions pas. Elles me semblent simplement un peu trop fréquentes (Aimer avec son cul d’Aude dite Orium, Alice, derrière le miroir de Juliette Di Cen, Lyce de Sapho, Impétueuse addiction de Carla Vix, Elle de John Blackfox – texte que j’ai trouvé bien meilleur que les précédents de l’auteur, Amour nicotine d’Héloïse Lesage, Georgina de CC)

Il y a aussi des nouvelles qui se contentent d’une obsession pour le sexe, sans spécificité. Même remarque, les nouvelles sont assez bien (citons par exemple La peau du cul d’Anne-Charlotte Tunroc, Demon passionis de John Faredes), mais je préfère amplement les textes qui proposent une vision plus originale. Il est à la maison de Vagant est aux confins d’une obsession d’une femme pour son homme absent et pour le sexe de manière générale, tout en proposant une approche originale et historique.

Et puis il y a les autres, celles que souvent j’ai préférées. Les personnages tournent autour d’un objet, d’un lieu, d’une partie de leur corps. Il y a ainsi Un Film culte de Vincent Rieussec (qui donne envie de regarder à nouveau quelques films de Tinto Brass, soit dit en passant) avec les fesses et la sodomie, Mangez-moi ! de Rita avec la cuisine (dommage de trouver dans cette très chouette nouvelle le terme « envahissement » au lieu d’invasion, p. 67, j’ajoute que ce texte propose une chute amusante et que cela m’a plu), Eux ou lui ? de Julien Ligny avec les godes. Le gode en toute occasion, c’est ce que propose aussi la nouvelle de Nikita, Partout, toujours, toute la journée. Ces deux nouvelle se suivent. Est-ce une bonne chose d’accoler des textes qui ont ainsi un motif en commun ? Je me suis plusieurs fois posé la question à propos de la composition de recueils. La réussite d’un recueil de nouvelles, il me semble, tient aussi dans le choix de l’ordre des textes. J’en suis arrivée à la conclusion qu’il vaut mieux en effet réunir ce qui pourrait se ressembler, cela semble l’option choisie aussi dans Osez 20 histoires d’obsessions sexuelles. L’obsession pour des œufs, voilà un thème original traité par Daniel Nguyen dans 3-6-9. Et enfin un personnage rend visite à un thérapeute (il en est de même, je dois le noter, dans La fille de Jon Elliott – là encore, deux textes qui présentent le même motif et qui se suivent.) La taille du sexe, ni trop grande ni trop petite, est l’obsession de la narratrice de La Bonne Taille de Clarissa Rivière. Et pour finir, celle du chiffre 5 dans Cinq et pas sept de Philippine Solaires.

Deux courtes citations pour terminer cette note de lecture.
Une citation poétique d’Eux ou lui ?, Julien Ligny, p. 189 :

En fait, je préfère quand on ferme sa gueule et qu’on m’ouvre le cul.

Et une autre pleine de bon sens de La Bonne Taille, Clarissa Rivière, p.234 :

Elle ne va quand même pas leur demander de poser avec un bic quatre couleurs à côté !

Osez 20 histoires d’obsessions sexuelles, Collectif, éd. La Musardine, 8,20€