456-Or-cerises-REDTous les six mois, un nouveau roman de JIP, jusqu’à la fin de la tétralogie. C’est le 2e opus qui vient de sortir : 4-5-6 L’Or et la cerise. Mon préféré des quatre (même si j’avoue que le dernier, qui permet d’unifier l’ensemble, m’a aussi particulièrement séduite). Souvenez-vous, en octobre était sorti 1-2-3 Frissons dans les bois, un roman difficilement classable entre pastiche de La Flûte enchantée de Mozart, fantasy, thriller, érotisme, découvertes macabres, enchantements et hallucinations. Le cocktail a plu à certains, déplu à d’autres – mais c’est généralement ainsi qu’on ne se limite pas à un genre précis et à ses codifications. C’est en tout cas un roman étrange, déroutant, et il faut aimer lors d’une lecture être dérouté.

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4-5-6 L’Or et la cerise est de tonalité assez différente. On pourrait davantage le qualifier de polar érotique. Le lieutenant Taggert qui ne fait qu’une brève apparition dans le 1er opus, est plus présent dans celui-ci. Il y a véritablement une enquête, même si on n’assiste pas au recherches du policier, car on suit l’aventure avec les deux femmes qui tiennent la galerie d’art, Yasmina et Magdalena, on est en immersion dans leurs aventures. Deux époques s’entremêlent : la Renaissance (on nous donne à voir des bribes de la vie d’un peintre) et l’époque contemporaine. Le lien est fait entre ces époques par un tableau que les deux galeristes essaient de vendre (dans une vente en-dehors des circuits légaux). J’adore le fait que ce roman se déroule dans le monde de l’art . J’avais lu avec grand intérêt le roman Le Tableau du maître flamand d’Arturo Perez-Reverte (roman que j’avais beaucoup aimé) parce qu’il proposait cette combinaison art + enquête. J’ai lu Maestra de L. S. Hilton (malheureusement pas à la hauteur ni du Tableau du maître flamand ni de 4-5-6 L’Or et la cerise) parce qu’il était annoncé qu’il combinait art + thriller + érotisme. En l’occurrence, pour 4-5-6 L’Or et la cerise, le cocktail est parfaitement réussi, il y a en tout cas tous les ingrédients que j’aime (art, enquête, érotisme, mais aussi histoire, histoire de l’art, intrigues…), c’est bien dosé, et surtout bien écrit. Un style nerveux, des chapitres courts qui font des aller-retour entre les époques et les personnages (c’est une donnée constante dans l’écriture de Jip, vous retrouverez ce principe d’écriture à la fois dans la fin de la tétralogie et dans la prochaine série de la collection De fil en soie dont je vous parlerai bientôt). Bref, un excellent moment de lecture ! Un roman que je conseille de lire.

Un petit mot sur l’illustration de Virgilles : en premier plan, les deux femmes, couple de lesbiennes, Yasmina et Magdalena, avec des épaules dénudées pour suggérer l’érotisme (il y a, –  j’en ai à peine parlé, c’est un comble ! – plusieurs scènes très chaudes dans ce roman, entre ces deux femmes, ainsi que d’autres configurations) ; en arrière plan, LE tableau mystérieux (que l’on peut assez facilement identifier à partir de sa description, mais je n’en dis pas plus, l’auteur n’a pas souhaité évoquer le nom du peintre, d’autant qu’il a pris quelques libertés avec sa biographie, et puis c’est aussi, après tout, une sorte d’enquête à mener pour le lecteur…).

4-5-6 L’Or et la cerise, JIP, ill. de couverture de Virgilles, éd. Dominique Leroy, coll. e-ros, 3,99€