Mia-sans-dessousMia Michael tient un blog intitulé Mia sans dessous. C’est également le titre d’un roman pornographique paru cette semaine aux éditions Sabine Fournier. Blog et livre sont illustrés par Bruce Morgan dont j’avais lu la BD L’institutrice. Ses dessins sont très beaux, j’aime beaucoup le trait de ce dessinateur.

Mia sans dessous est un roman paru simultanément en version numérique et en version papier. Je l’ai lu en ePUB, il fait un peu plus de deux cent pages sur ma liseuse, les illustrations y étaient certes assez petites (j’imagine que sur le livre papier, elles pouvaient prendre une page entière) mais très nettes. J’ai été surprise de lire « à suivre » à la fin de livre, je m’attendais à un roman complet.

Mia, le personnage, se soumet dès qu’on hausse un peu la voix et qu’on lui donne un ordre. C’est ainsi, c’est plus fort qu’elle. Elle n’a aucune fierté, exécute tout ce qu’on lui demande même si elle rechigne un peu. Ce qu’elle n’aime pas ? recevoir des fessées, se faire fouetter. Elle n’est pas masochiste. Dans un style proche de la langue parlée, car après tout c’est Mia elle-même qui raconte son histoire, voire qui l’écrit à la demande de quelqu’un, la jeune femme nous expose ses différentes aventures et mésaventures. Elle passe de main en main, se fait dresser par des femmes, est vendue, rachetée, mise à nouveau sous tutelle, il y a ensuite un intermède avec un homme qu’elle domine, avant de se soumettre à nouveau à un homme,  puis elle retombe sous le joug de femmes. Elle travaille aussi, comme bonne, serveuse, mousse « à l’ancienne » (je vous laisse deviner ce que cela suppose), vendeuse dans un magasin de vêtements, pute le plus souvent. Elle est surtout bonne pour faire des pipes (et avaler le sperme tiède avant le petit-déjeuner) et lécher des chattes (surtout quand elles sont poilues et pas lavées).

Difficile de tenir autant de pages sans quelques redites, ainsi ces motifs (sperme tiède, chattes poilues qui sentent la marée) sont assez récurrents. La saleté des personnes aussi, que ce soit le jardinier à Lyon, les camionneurs sur le parking, la fille des vendanges, etc. Il y a cependant des humiliations originales : harissa sur le plug, coups de serviette mouillée, harnachement, scène zoophile filmée…  Ce qui est intéressant, c’est l’attitude servile de Mia et ses réflexions à ce moment-là (comme « après tout, c’est le chef, c’est normal » qui font sourire), ses répliques aussi (quand elle a son mot à dire). Ce que j’ai nettement moins aimé dans ce texte, c’est l’usage excessif de points de suspension. On peut comprendre leur utilisation lorsqu’il s’agit de style direct car Mia est très hésitante, mais lorsqu’il s’agit de la narration, il aurait été plus agréable d’avoir moitié moins de points de suspension. Je suis déçue que fin n’en soit pas réellement une alors que rien n’indiquait qu’il s’agissait d’un premier tome seulement (à moins que je n’aie vraiment loupé quelque chose dans les premières pages).

En conclusion : Mia sans dessous est un roman pornographique qui enchaîne les scènes de sexe et de fesses rougies, relativement agréable à lire notamment parce que les personnages se relaient et que les tâches de Mia ne sont pas toujours identiques. Le personnage de Mia est intéressant à suivre, surtout à cause de ses réflexions qui ne sont pas dépourvues d’humour. Mia voyage beaucoup, il y a donc une diversité des situations qui sert le roman. De belles illustrations l’accompagnent. Mia sans dessous est cependant un peu long, la diversité ne cache pas le fait que des scènes (les fellations sont si nombreuses !) et certains motifs se répètent.

Mia sans dessous, roman pornographique de Mia Michael avec les illustrations de Bruce Morgan, éd. Sabine Fournier, 25€ l’édition papier, 14,99€ l’édition numérique.