Thermae-Romae-2Je vous ai parlé hier du premier tome du manga Thermae Romae. A présent, penchons-nous sur le deuxième tome, et plus spécifiquement sur le chapitre VI qui ouvre ce volume. De quoi est-il question ? De l’impossibilité de bander, d’une amulette en forme de phallus que les Romains pouvaient arborer, d’une représentation du dieu Priape, du culte de la fertilité dans la Rome antique et au Japon avec d’innombrables représentations de phallus.

L’auteure conclut le chapitre avec ces mots (pp. 40-41) :

De nombreuses personnes qui, après avoir lu le premier tome relié, ont lu ce chapitre lors de sa prépublication, m’ont fait part de réactions où le trouble, pour ne pas dire le désarroi, était palpable : « Pourquoi abordez-vous soudain des thèmes qui vont intéresser bien moins de lecteurs ? »

(note personnelle : vous y croyez, vous, au fait que ces thèmes attirent moins de monde ?)

[…] Avant que la pensée occidentale n’infiltre tous les aspects de notre existence, nous autres Japonais acceptions tout naturellement l’idée d’un culte du phallus comme célébration de la fécondité.

Ce culte demeure vivace aujourd’hui encore dans certaines parties du Japon. Comme certains d’entre vous le savent sans doute, dans de nombreuses stations thermales, par exemple, on pratique toujours les rituels associés à cette croyance. […] Si un Romain vivant à l’époque où le christianisme ne s’était pas encore répandu – notre cher Lucius, par exemple – était témoin de ces rites, il y a fort à parier qu’il ne les jugerait ni obscènes ni pervers. Il serait au contraire sensible à la dimension sacrée de ces partiques qui, dans la Rome antique également, constituaient une célébration symbolique et propitiatoire de la fécondité. […]

Dans la Rome antique, les représentations de phallus, tel le tintinnabulum que vous avez pu voir dans ce chapitre, se trouvaient partout. Le site de Pompéi en regorge, qu’il s’agisse de statues de Priape, le dieu de la fécondité, d’amulettes ou encore de fresques. On imagine ainsi l’importance du symbole pour les Romains. […]