l-inconnu-de-l-ascenseurL’inconnu de l’ascenseur est une nouvelle érotique de Kristen Douglas (qui malgré ce pseudonyme semble francophone), auteure dont il s’agit vraisemblablement de la première publication. Le texte en est très court : le livre numérique fait 17 pages sur ma liseuse, en comptant couverture, page de titre, biographie… L’histoire se résume en quelques mots, elle tient en une longue scène de sexe dans un ascenseur, avec un inconnu, pour une femme dont on a à peine fait connaissance.

C’est assez étrange de constater que HQN a publié ainsi un texte qui néglige tout contexte, toute mise en situation. En quelques lignes, l’auteure nous raconte que cette femme en a assez de la monotonie de sa vie, qu’elle a roulé, s’est installée dans un hôtel depuis deux jours et qu’elle aimerait du sexe pour du sexe (ce qu’elle obtiendra bien entendu, vu que l’ascenseur se bloque et que les inhibitions se débloquent).

La scène de sexe est élaborée en deux étapes, elle est longue et policée. Quelques défauts la parsèment : l’usage de vocabulaire stéréotypé (et redondant) comme déferler/déferlement que l’on trouve à quelques lignes l’un de l’autre, l’usage récurrente du superlatif ou de l’adverbe « si » accompagné d’un adjectif.

Tout est très, trop, si formidable. Or, l’intérêt de la littérature érotique n’est-il pas aussi de montrer les imperfections, les failles, les doutes, les erreurs ? N’est-il pas usant pour un lecteur de lire de telles scènes parfaites avec une sorte de super-héros du sexe ? Pour moi, si, ce l’est, s’il n’y a que ça. En l’occurrence, cela dit, l’expérience était nécessaire pour cette femme qui est transformée par ce « one-shot » sexuel.

La fin me réconcilie un peu avec le texte : alors qu’une amorce d’histoire d’amour pourrait s’enclencher, le personnage refuse de revoir cet homme, qui n’a été que le déclic pour entrer dans une nouvelle vie.

L’inconnu de l’ascenseur, Kristen Douglas, éd. Harlequin, coll. HQN, 0,99€ le livre numérique (publication le 3 juin 2016)