Hot-filesLes publications de début juin, aux éditions Harlequin HQN, sont axées sur l’érotisme. Il y a la réédition de deux textes de Valéry K. Baran, publiés aux éditions Laska, regroupés sous le titre Pas assez de toi (vous pouvez vous reporter à cet avis que j’avais émis), il y a la pubication intégrale de la série de Gilles Milo-Vacéri publiée l’été dernier ainsi qu’une nouvelle fresque historique et érotique de l’auteur. Et puis il y a les auteurs que je ne connais pas. Ce sont vers ces auteurs que je me suis orientée, avec la lecture récente (et relativement décevante) de L’inconnu de l’ascenseur puis vers la lecture du recueil de nouvelles Hot files – Au bureau d’Adèline Klay.

Au bureau ? En réalité, il s’agit de situations au travail, mais pas de travail de bureau, mis à part la première nouvelle avec un avocat chargé du dossier de divorce de la cliente avec qui il entretiendrait bien une relation. Parlons d’ailleurs de ces nouvelles dans leur ordre d’apparition.

La première, Délit de sensualité, est basée sur un dilemme : deux êtres s’attirent, mais l’un est chargé du dossier de l’autre (la narratrice), qui n’est pas encore divorcée. Ils vont devoir attendre, s’ils sont sages. Il ne le sont pas toujours. Cette nouvelle est plutôt mal écrite. Je peux relever trois fois le verbe « voir » dans un même paragraphe par exemple. Je ne parle même pas des nombreuses répétitions de « et » et de « mais », des phrases construites sur le même schéma, avec conjonction de coordination. J’ai l’impression d’un tel appauvrissement de la langue… Les actions sont assez peu cohérentes, l’incipit est caricatural à l’excès, le jeu qui consiste à souffler le froid et le chaud est éculé dans ce genre d’écrits : tous ces défauts m’ont agacée, à tel point que je me suis demandé si je n’allais pas abandonner la lecture du recueil. Heureusement, la suite s’est avérée un peu meilleure.

Satisfaite ou remboursée, la deuxième nouvelle de ce recueil Hot files, met en scène un narrateur, marié, fidèle, qui tombe subitement sous le charme d’une femme, embauchée dans le bar où il livre des caisses chaque semaine. La tentation est forte, il essaie résister, cette tension sonne assez juste, c’est peut-être le texte le plus réussi du recueil grâce à cela. Au final, malgré une infidélité dont il a honte, le narrateur s’en sort plutôt bien, puisque cette femme disparaît comme par enchantement (on peut regretter le choix de la facilité pour la chute du texte). Retour à l’ordre !

Prestation de qualité met en scène une femme au chômage (la narratrice) qui cherche à effectuer du ménage. Un club s’ouvre, elle se rend à un entretien d’embauche et sur place découvre qu’il s’agit d’un club libertin. Elle travaille tout de même dans ce lieu « de débauche » et se laisse gagner par la curiosité et le charme de son patron. Cette expérience la conduit à perdre ses amies et à renoncer à ce travail ; un nouveau départ, ailleurs, s’offre à elle. L’influence du patron sur la narratrice, le désir qu’il suscite alors qu’elle ressent aussi une certaine répulsion, n’est à mon avis pas assez creusée. Le conflit avec ses amies est aussi à mon avis un peu trop sommairement expédié. Dommage car le texte avait un certain potentiel.

Une formation très rapprochée reprend un point de vue masculin, avec un récit à la troisième personne pour la première fois du recueil. Un hôte de caisse dans un supermarché forme une nouvelle recrue. Il tombe amoureux d’elle, malgré leur différence d’âge (elle est plus âgée que lui) et malgré ses souhaits particuliers : elle ne cherche pas un compagnon mais un maître. Cet homme essaie de la dominer, ce n’est cependant pas suffisant pour lui. Il a besoin de sentiments. Là encore, le développement psychologique n’est pas assez développé, cela reste assez superficiel et caricatural, les motivations de cette femme, ses paroles, sonnent faux.

L’intérêt principal du recueil (le titre et la photographie de couverture sont trompeuses d’ailleurs à ce sujet) est de mettre en avant la vie et les espérances de personnes dont la catégorie socio-professionnel n’est pas élevée : femme de ménage, livreur, hôte et hôtesse de caisse. Malheureusement, l’écriture ne me semble pas aboutie.

Hot files – Au bureau, Adèline Klay, éd. Harlequin, coll. HQN, 2,99€