La collection Des orties blanches

Récit de flagellation : Irène et son esclaveLes orties sont justement utilisées dans ce livre, Irène et son esclave de Daisy Lennox… La collection Des Orties blanches des éditions Dominique Leroy regroupe des livres édités à l’origine dans les années 30, qui s’intéressent aux thèmes de la flagellation, de l’éducation anglaise, de la clystérophilie, de la domination féminine. Six titres sont disponibles en format numérique. Irène et son esclave est de plus disponible en version papier. Ce titre a été écrit en 1933. On y trouve à plusieurs reprises le terme désuet de « soufflet » que je n’ai guère rencontré depuis les romans de la Comtesse de Ségur… A l’époque de ces lectures – j’étais enfant bien sûr -, je croyais qu’un personnage soufflait sur un autre !

Deux récits

Le livre est composé de deux récits de flagellation : Irène et son esclave tout d’abord, le plus développé et le plus intéressant des deux à mon avis, et en deuxième partie Lettre d’un quinquagénaire à une dame à laquelle il exprime deux désirs dont un seul est réalisable avec la réponse de Madame Lamar. Cet homme, dans une lettre très longue dans laquelle interfèrent de nombreux passages de littérature de flagellation, agrémentés de passages de son cru, demande à fouetter des postérieurs de jeunes filles et à être fouetté par la dame à laquelle il écrit. La dame ne peut que satisfaire ce second souhait. Elle le fait non sans évoquer l’éducation anglaise et le fait qu’en tant qu’institutrice elle n’a jamais eu le plaisir de fesser ses élèves.

Irène de Valfleury et son galant

L’histoire la plus développée est celle d’Irène et son esclave. Après l’évocation de la jeunesse d’Irène et de son souhait de se venger sur un homme des deux fessées reçues de son père, on fait connaissance avec le deuxième personnage, Gustave Nerval, qui rêve d’être fouetté, qui l’a été une fois par deux filles de ferme, mais qui ne peut malheureusement plus demander à l’être. Suit leur rencontre, à Paris, où Irène se produit, dans un cirque, en tant qu’écuyère. Le chapitre V, « quelques réflexions finales », n’est qu’un résumé de l’ensemble du livre, il n’a aucun intérêt, l’histoire à proprement parler s’arrête à la fin du chapitre IV avec le mariage de ces jeunes gens et le partage dans le mariage de leurs jeux de fessées.

Citations

Les textes ont pour particularité de présenter de nombreuses citations, des textes soit disant écrits par les personnages eux-mêmes, empruntés à d’autres textes du même auteur ou d’autres auteurs : Musset, Zola avec Nana et surtout des poèmes Baudelaire. L’introduction du livre fait d’ailleurs référence à Nana de Zola : Irène serait, à l’égard de Gustave Nerval, l’égale de Nana avec Muffat. C’est aussi le rapprochement que font les personnages, à la fin du livre, Irène se compare explicitement à Nana.

Portée morale

L’introduction cite aussi de nombreuses femmes qui, au cours de l’histoire, ont dominé des hommes. Tout cela avec une portée morale… dont nous ne sommes pas dupes. Extrait, p. 7/98 :

Mais ce roman serait-il lu par simple curiosité ou pour se « documenter », l’auteur aura trouvé sa récompense s’il réussit à convaincre les femmes qui ont reçu la beauté en partage de ne pas abuser de la toute-puissance de leurs fascinateurs charmes physiques, d’être aussi bonnes qu’elles sont belles, et de joindre à leurs qualités esthétiques et plastiques celles du cœur et de l’esprit.

Les aventures d’Irène et de Gustave se terminent ainsi en évoquant la félicité conjugale (p. 67/98).

Maintenant que nous sommes mariés, nous pouvons et pourrons quand nous le voudrons, à notre guise, en toute liberté, nous livrer à cette débauche, sans que ni personne ni notre conscience ne puissent nous la reprocher.

Irène et son esclave, Daisy Lennox, ill. de Davanzo, éd. Dominique Leroy, coll. Des orties blanches, 4,99€ l’eBook