Une suite de Proposition perverse

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Reconquête conjugale est un roman de Guillaume Perrotte qui fait suite à Proposition perverse, également publié aux éditions Blanche et réédité en format de poche. Je pense cependant que les lecteurs qui n’ont pas lu Proposition perverse n’auront pas de difficulté à s’accrocher au roman, d’autant que l’auteur fait des rappels des principaux épisodes passés, nous remet en mémoire ou nous informe sur les événements clés qui ont abouti à la mise à la porte du mari, remplacé par l’amant bien mieux monté… Reconquête conjugale se déroule pendant l’été qui suit Proposition perverse, les personnages ont vécu quelques mois seulement alors que quelques années se sont écoulées entre la publication des deux tomes.

Qu’est-ce que ça raconte ?

Se satisfait-on d’une grosse bite, dans la durée ? Est-ce que l’épouse qui aime se faire démonter par un gros calibre ne pourrait pas se lasser de son étalon ? Thierry, son tourmenteur, comme l’appelle le narrateur, a de l’argent et une érection massive. Cela suffit-il ? Le narrateur a décidé de reprendre les choses en main (et pas seulement pour se masturber) : il contre-attaque. Son arme : son imagination perverse, ses délires libidinaux. Ne dit-on pas que le premier organe sexuel, c’est le cerveau ?

L’amusement et le style

Renconquête conjugale est un roman qui m’a souvent fait sourire. C’est souvent ainsi avec les romans de Guillaume Perrotte.

Il y a toujours un moment où l’écriture me rebute un peu, parce que les phrases nominales sont nombreuses, parce que les noms sont trop souvent à mon goût accompagnés d’adjectifs, tout est ainsi décrit avec une extrême précision et j’ai parfois l’impression que l’auteur est dans l’excès, j’aimerais plus de modération. Mais à partir du moment où j’entre dans l’histoire, ces effets de style qui rendent les textes de Guillaume Perrotte tout de suite reconnaissables (je ne pense pas dire de beaucoup d’auteurs que je saurais reconnaître leurs textes parmi d’autres, or avec G. Perrotte, c’est le cas) ne me gênent plus. Mieux, je trouve que ces adjectifs qui insistent, qui fouillent le fond de l’âme humaine, les comportements les plus scabreux, acquièrent de l’importance. Les phrases nominales, qui sont souvent là pour résumer, gloser la phrase précédente, apportent du poids : l’effet d’insistance entre dans le projet de ressassement des pensées, moteur de fantasmes pervers.

Reconquête conjugale, Guillaume Perrotte, éd. Blanche, 17€