Fantasmes 2 L'Auto-stoppeuse Le MusicienFantasmes 2 vient de paraître. Il s’agit d’un recueil collectif de nouvelles érotiques sur deux thèmes : l’auto-stoppeuse pour commencer avec cinq nouvelles et le musicien avec quatre textes. Ce recueil fait suite à la publication de Fantasmes, L’Hôtesse de l’air, Le Surfeur l’an dernier. Même procédé : un appel à textes sur l’un ou l’autre sujet et la composition d’un recueil qui réunit auteurs « habituels » de la collection et des auteurs plus occasionnels ou même nouveaux pour Fantasmes 2.

Dans la première partie, nous trouvons une nouvelle de RosaBonnet, Le Blues du camionneur. C’est un texte que j’ai sélectionné depuis longtemps, avant l’appel à textes en lui-même, c’est le texte qui m’a donné envie de composer un recueil sur le thème de l’auto-stoppeuse. Dès que l’on associe érotisme et auto-stop, on est assailli de clichés. RosaBonnet réussit à camper un personnage inhabituel, déroutant, qui m’a vivement intéressée. Les quatre autres textes ont été sélectionnés grâce à l’appel à textes que j’avais lancé. Nous y trouvons une nouvelle de Noann Lyne qui introduit un personnage d’auteur à la dérive, mélancolique, qui se penche sur le sujet de l’auto-stoppeuse pour ne pas sombrer et qui y trouve un moment de joie de vivre, un renouveau, peut-être plus qu’un moment d’ailleurs… On est à nouveau assez loin de l’idée de l’auto-stoppeuse aguicheuse. Ensuite, deux textes qui ont des similitudes : un de Jean Darmen dont il s’agit de la première collaboration avec la collection e-ros et un de Fêteur de trouble, auteur que vous commencez à connaître sans doute. Le dernier texte proposé est à nouveau une nouvelle de Fêteur de trouble. L’auteur m’avait en effet adressé deux propositions et je n’ai pas pu trancher, j’ai préféré les garder toutes deux… La route est aussi une métaphore de la vie, quel chemin les personnages prendront-ils ? Quelles répercussions tel ou tel choix aura-t-il sur leur existence ? Je vous rassure, tout n’est pas que gravité et questionnement sur l’avenir, il y a aussi des passages légers dans ces nouvelles, je pense notamment à un jeu érotique dans lequel un des personnages utilise une conversation téléphonique… L’habitacle de la voiture est un lieu exigu qui permet les rapprochements, qui place les personnages on pourrait dire hors du monde, hors des convenances…

Thème suivant : le musicien. C’est le thème pour lequel j’ai eu le moins de textes. J’ai d’ailleurs dû faire un nouvel appel pour boucler cette partie. Heureusement, quelques auteurs ont répondu présents et cette seconde partie a pu voir le jour. Sans quoi, j’aurais été contrainte de limiter le recueil Fantasmes 2 au seul personnage de l’auto-stoppeuse. Nous y trouvons des textes très variés. Louise Laëdec, auteure croisée dans des publications chez d’autres éditeurs, y publie son premier texte pour la collection e-ros. Un personnage féminin qui fantasme sur un musicien, son nouveau voisin. Une histoire qui fonctionne bien, dans le sens où elle répond parfaitement au sujet, à un imaginaire collectif, mais qui réserve aussi une surprise finale. J’ai aimé la réaction du personnage féminin après la découverte qu’elle fait, dans les dernières lignes. Wen Saint-Clar publie son deuxième texte dans la collection e-ros. Un récital irrésistible est une nouvelle sucrée, sirupeuse même… On pourrait s’en étonner. Est-on dans la romance ? Lorsque je l’ai lue la première fois, j’ai pensé « non, tout de même ! mais où l’auteur nous conduit-il ? » Et puis il y a la chute qui offre une nouvelle perspective. Monsieur K. est un tout nouvel auteur, Guitar Hero est sa première publication. Cela fait plaisir d’accueillir ainsi parfois encore une nouvelle plume. J’ai rapidement remarqué son texte, parmi ceux que l’on m’avait envoyés. Je pense donc que si l’auteur s’en donne la peine, ce ne sera pas la dernière fois que vous verrez son nom. A l’origine, le texte se nommait « Suicide girl ». Pour ne pas garder une certaine consonance qui aurait induit le lecteur en erreur, l’auteur a préféré ensuite changer. Je ne suis pas fan des titres en anglais, mais bon… parfois je laisse du mou, parce qu’il en faut pour tous les goûts et que des lecteurs peuvent aussi y trouver leur compte. L’auteur a apporté un soin méticuleux à l’écriture, à traquer les répétitions notamment. Pour une première expérience, je la trouve très encourageante. Enfin, Le Chef d’orchestre de Jip est un texte aux antipodes de ce que l’on peut imaginer sur le thème. C’est ainsi en tout cas que je l’ai perçu. Une atmosphère étrange, dissonante. Je vais employer à nouveau une métaphore en lien avec la musique, je qualifierais le texte de stridulant. Tellement bizarre que le texte peut hérisser, mais on se rend compte en même temps que l’on tient quelque chose de particulier, d’excentré. Le genre de textes que l’on peut détester, je m’en rends bien compte, mais que l’on peut aussi adorer parce que différent, nouveau. On peut aussi passer d’un extrême à l’autre, ressentir simultanément deux émotions contradictoires. Je ne sais pas s’il est judicieux d’avoir placé ce texte en toute fin. Il me semblait qu’il ne pouvait être que là ou en tête, parce que c’est un texte à part.

L’illustration de couverture a été réalisée par Chairminator. Le musicien n’est que suggéré à travers la guitare tandis que l’auto-stoppeuse est représentée. L’image est gorgée de lumière : c’est notre recueil de l’été !

Fantasmes 2, L’Auto-stoppeuse, Le Musicien, Collectif, éd. Dominique Leroy, coll. e-ros & bagatelle, 4,99€