Hop, j’arrête de tergiverser, voici le texte, comme ça, on n’en parle plus (enfin, si, vous pouvez en parler en commentaire si cela vous chante). Pour ceux qui débarquent ici sans savoir ce qu’ils font là, sachez que le texte ci-dessous est plutôt pornographique et qu’il n’est destiné qu’à faire sourire, ça ne va pas plus loin… mais c’est ce que je sais faire le mieux et ce que je préfère écrire.

Un petit extra ?

ChocolatCannelle

Je ne dis pas, il aurait pu en être autrement, c’est sûr. Il aurait suffi d’un refus, d’un geste pour faire savoir que gentiment, non merci, je n’étais pas intéressée. J’aurais peut-être perdu mon emploi, mais ma réputation aurait été sauve. Parce qu’être celle dont on peut tâter les nénés quand elle sert le café, celle qui s’agenouille et vous débraguette sur demande, celle qui se plie à toutes les fantaisies de ces messieurs-dames, ce n’est pas vraiment glorieux comme réputation, non, j’en ai conscience. Le gros Grégoire, à l’accueil, je l’ai bien entendu souffler à Brigitte que c’était dans ma nature, que j’étais vicieuse. « Faut pas la plaindre, cette garce, elle a ce qu’elle est venu chercher. Elle a le sang chaud et le feu au cul. » Comme si je m’étais présentée à ce job pour me faire mettre, n’importe quoi ! J’avais un copain à l’époque et il me suffisait bien : Victor, qu’il s’appelait. Il tirait son coup tous les soirs, alors le sexe, ça va, j’avais déjà ma dose ! Sitôt couché, Victor me foutait vite fait, j’écartais les jambes, mais pas trop parce qu’il aimait être un peu serré dans mon con, il y faisait quelques aller-retour, après quoi son engin dégoulinait dans le préservatif ajusté dare-dare avant de faire la chose et je devais lui laper les gouttes blanchâtres qui s’étaient collées aux poils – il en avait partout, ce cochon !-, « faire sa toilette » comme il disait, « pour être tout propre ». J’aurais préféré qu’il se douche plus souvent, cela aurait senti moins fort.

Après le nettoyage, il pionçait. Un comme lui, ça suffisait, vraiment ! Je ne vois pas pourquoi j’aurais souhaité me faire encore ramoner. Le gros Grégoire ne savait pas de quoi il parlait. Qui plus est, ce ne serait pas plutôt lui, le vicelard ? Parce que je l’ai surpris, une fois, l’œil aux aguets : il m’avait maté en levrette, j’en mettrais ma main à couper. Il n’était d’ailleurs pas le dernier à sortir sa quéquette, mais je ne veux pas médire… Il a bien assez de problèmes lui aussi, maintenant que la tuile nous est tombée dessus. C’est une image, hein, le toit n’avait pas d’avanie. Ou avarie. Je ne sais plus comment on dit. Les mots, ça se ressemble trop des fois.

Mais je parlais de Victor qui dormait. Je me finissais seule, un doigt humide planté dans le cul, le pouce sur le clito. Je pensais à un baiser romantique avec un acteur de cinéma pour me faire venir. Un brun de préférence. Vous avez de beaux cheveux, on vous l’a déjà dit ? J’ai toujours eu un faible pour les bruns, avec la peau douce, mais une barbe naissante qui pique un peu. L’amant de mes rêves prenait mes lèvres, en dessinait le contour avec sa langue comme s’il allait déguster une glace Haagen Dazs, et ça me faisait monter au rideau. D’autant mieux que j’activais deux doigts dans mon vagin au même moment. L’orgasme, ça, c’est bon ! Ça requinque après une journée de labeur ! Cette expérience quotidienne me laissait béate et les doigts poisseux. Il était tard, Victor ronflait, je me tournais de mon côté après m’être essuyé sur les draps.

Ah, quand j’y pense, combien de draps épongeaient les forfaits des clients ! Je me baladais le matin avec mon panier à linge posé sur un chariot. Les draps à changer, c’était une partie de mon travail. Brigitte, elle, passait l’aspirateur. On faisait équipe toutes les deux. Mais il n’y avait que moi qui m’occupais des « extra », c’est-à-dire des demandes particulières d’une clientèle qui connaissait les possibilités que l’hôtel leur offrait. Je reprends texto la formule de Monsieur Georges. « Extra », c’était quand même plus court à prononcer, alors on a appelé ça comme ça. Le bouche-à-oreille avait dû marcher plein pot parce que des « extra », j’avais dû en faire de plus en plus.

Les premières semaines qui avaient suivi mon embauche, c’était timide, je me souviens par exemple d’un PDG ou quelque chose comme ça, un homme en costard, avec une petite mallette de cuir, qui m’avait mis la main au cul, mais comme par inadvertance. C’était tout juste s’il ne s’était pas excusé : sa main avait dépassé sa pensée, qu’il m’avait dit. Tiens donc, comme si je croyais ça possible, une main autonome, qui se baladait sur mon fessier. À d’autres ! J’ai donc souri, l’air de dire que je n’y croyais pas, à son histoire, mais que je ne lui en voulais pas non plus. Il ressemblait trop à un petit garçon pris en faute, ça m’a touchée. Apparemment, je n’aurais pas dû sourire, parce qu’il a considéré ça comme un encouragement. « Ah, mais tu n’es pas farouche, c’est bien, combien de donzelles se mettraient à crier à ta place et m’accuseraient de harcèlement alors que je ne leur veux que du bien ! » Oh ça non, je ne criais pas, moi, c’était certain, je n’avais pas envie qu’on me prenne pour une nigaude qui avait peur qu’on lui touche le derrière. Le PDG avait alors replacé sa main où elle se trouvait un peu plus tôt, mais franchement cette fois, comme pour encourager mon penchant à la clémence. Le pauvre homme avait sans doute besoin d’un peu de compassion, il ne pouvait pas s’amuser à ce genre de jeux avec des gens de son monde. Moi, ça allait, j’étais là pour le servir de toute manière : remplir une tasse de café ou se faire mettre une main au cul, quelle différence ? Seulement, quand sa main est passée sous ma culotte et qu’il m’a assoupli la rondelle de son index, j’ai poussé un soupir. Pas bien fort, mais un soupir quand même. Allez savoir comment cette histoire s’est propagée ! Il a pensé que j’aimais qu’on me touche à cet endroit et les clients ont dû parler entre eux.

Mon PDG n’a pas trouvé le temps ce jour-là de faire autre chose que de glisser un doigt dans mon petit trou. Il m’a bien fait comprendre que c’était à regret qu’il s’arrêtait là. Il reviendrait sûrement dans le même hôtel au congrès suivant. Je ne l’ai jamais revu, cependant. C’est bien dommage, car il avait des manières douces. Sa pine plantée dans l’orifice en question m’aurait sans doute fait moins mal que celle de Victor.

D’ailleurs, c’est peu de temps après qu’on a rompus, Victor et moi. Je lui ai dit ses quatre vérités en face, à ce crétin, qu’il y existait des hommes moins rustres que lui, qui savaient me tirer des soupirs, comme le PDG avec son doigt dans l’anus, et qu’après tout ça, je n’avais plus envie que sentir sa queue dans l’un ou l’autre de mes trous. Il l’a mal pris, d’autant que je rapportais plus de fric depuis que toutes ces petites histoires de doigts dans le cul et de sexe en bouche avaient commencé, et ce surplus lui aurait permis d’acheter un écran plat. Mais bon, ce fric, de toute façon, c’était en récompense de mes extras, alors je n’allais pas partager avec mon mec. J’en ai placé une partie à la banque, pas bête la fille, j’ai préparé mes arrières parce que je savais qu’un jour ou l’autre ça finirait, c’était trop beau pour être vrai, et avec le reste je me suis offert des soins en institut, des masques, gommages, massages, une tuerie ! Le soir de la rupture, j’ai balancé les affaires de Victor par la fenêtre. Mon keum a gueulé comme un putois et a dévalé les escaliers. J’ai fermé derrière lui ; il n’a plus remis les pieds chez moi.

Sans Victor, j’étais tranquille, je pouvais gérer mon argent comme je le voulais. Et puis mon fondement avait besoin de repos en fin de journée, parce que les clients aimaient bien jouer avec ce trou-là. Me prêter aux va-et-vient d’un mec dans cette ouverture – le salaud ne se contentait plus de l’entrée naturelle, il réclamait l’autre, tellement plus étroite qu’il giclait encore plus vite, et après je me coltinais le nettoyage, vous imaginez ? -, en plus de tout le taf que j’avais à l’hôtel, c’était trop me demander. Par contre, mon vagin était un peu délaissé, il faut le reconnaître. J’ai donc aussi prélevé un peu d’argent dans ma cagnotte pour m’acheter un gode qui me remplissait bien le con. Je m’en servais tous les soirs en invectivant Victor, ça me faisait marrer de lui crier dessus, comme s’il était là, de gueuler qu’il avait une chique molle, un tout petit boui-boui, et que mon gode au moins savait me satisfaire. Comme je lui parlais tous les soirs, les voisins croyaient qu’on était encore ensemble. Ça aussi, ça me faisait marrer.

Mais il faut que je revienne à mon PDG, au moment décisif où ma réputation s’est jouée, lorsque j’ai accueilli ce doigt qui m’enculait alors que je venais servir un petit-déj’. Pour moi, cette presque pénétration – il y a des circonstances atténuantes, il ne m’avait pas piné avec son braquemart tout de même ! – était une marque de bienveillance. Oui, parfaitement, de la bienveillance. Au fond, il voyait que moi aussi je subissais du stress, les lits devaient être impeccables, sans plis, au carré comme à l’armée, que le café ne soit pas froid en arrivant dans les tasses, que je ne confonde pas celui qui demandait deux croissants et un sucre avec celui qui voulait un café noir avec le journal du jour. Il faut une bonne mémoire, voyez-vous, dans ce métier. Et la moindre erreur coûte cher. Alors une petite distraction, un chatouillis bien placé pour me détendre, c’est quand même gentil de sa part, non ?

On sous-estime le stress des employés d’hôtel, moi je vous le dis. J’avais entendu une fois Brigitte se faire remonter les bretelles par Monsieur Georges parce qu’elle avait accompagné un jus de fruits de galettes bretonnes alors que la cliente était au régime sans gluten. Ça a bardé ! Et qui a offert une réparation ? Bibi, pardi, vu que cette gourde de Brigitte ne s’abaisse pas à faire minette aux dames. Déjà qu’aux messieurs, elle refuse tout net de leur sucer la verge, même quand celle-ci sort du caleçon tellement elle est raide et que ce serait inhumain de la laisser aussi dure, sans proposer de soulagement. Elle a le beau rôle, la Brigitte, n’empêche ; elle se goure et c’est moi qui ai de la mouille plein le menton.

Ce n’est pas que je déteste les dames, lécher leur vulve, poilue ou pas d’ailleurs, je ne fais pas de distinguo là-dessus, tant que c’est lavé, mais tout de même, je préfère le goût du sperme. Et puis j’ai lu dans un magazine que cela donnait un épiderme de reine, alors je m’en tartine un peu le visage, quand je le peux. Il y en a de toute manière toujours un qui aime l’éjac’ faciale, ça facilite le soin express de ma peau. Ou un qui me demande de dégager mon buste, d’ôter mon chemisier blanc et mon soutif assorti et qui vise mes seins, splash ! On verra qui aura une belle peau, on comparera dans dix ans, entre Brigitte et moi ! Elle aura des surprises, et elle regrettera.

Malgré tout ce que je raconte, je ne lui cherche pas de noise, à Brigitte. Au fond, c’est une bonne collègue. Mais il est vrai qu’elle est coincée, niveau sexe. Alors le jour où un client a demandé à faire ça à trois, j’ai été obligée de la maintenir sur le lit pour qu’il l’enfile pendant que je léchais la raie du type. Vu ma position, je pouvais aider qu’en tenant ses jambes à plat, et ce n’était pas facile, parce qu’elle ruait comme un âne. Brigitte a braillé pendant l’acte, comme si on la maltraitait ; elle m’en a voulu après, malgré le joli billet qu’on lui a remis ; j’ai eu beau lui expliquer que je ne pouvais pas faire venir le gros Grégoire, tout de même, pour un plan à trois, elle m’en a quand même voulu. Le Grégoire, impossible ! Il aurait été capable de sodomiser le client alors que ce n’était pas ce que le monsieur souhaitait. Avec lui, c’était un coup les hommes, un coup les femmes, il est dans une zone sans frontière ; tout lui convient, pourvu que sa queue frétille. Et il n’y met pas de forme : s’il voit un cul, il s’enfonce sans poser de question. Il m’avait déjà enfilé, celui-là, et pas qu’une fois. Je ne veux pas médire non plus sur lui, mais on a intérêt à faire gaffe avec ce porc, il ne faut pas lui tourner le dos… Je sais comment il s’y prend, il bourre le fion et pistonne ferme. Plus d’une fois, je me suis retrouvée ainsi, la jupe levée, le buste penché sur mon chariot, attendant que cela finisse. C’est que j’avais autre chose à faire, moi ! Le gros Grégoire, lui, sur son siège à l’accueil, glandait toute la journée. Il se paluchait pour passer le temps, je ne l’apprendrais à personne, même que les bordereaux de l’hôtel gardaient parfois des traces de ses exercices manuels…

C’est comme les draps dont je vous parlais tout à l’heure. On sait tout des clients d’un hôtel en regardant leurs draps. Les couples qui ont baisé, ceux qui se sont offert un petit plaisir solitaire. Tout, je vous dis. Dès que je vois les draps, j’imagine sans peine ce qu’il s’est passé. Parfois j’y mets le nez pour confirmer mes soupçons. J’en rigole avec Brigitte, parce que pour parler, ça va, elle n’est pas aussi fermée de la bouche que du cul.

Je suis peut-être un peu méchante avec Brigitte. Faut dire qu’elle était amoureuse… Vous n’avez pas deviné ? Mais elle en pinçait pour Monsieur Georges ! À moi, on réservait les clients, mais pour Brigitte, c’était service complet pour le patron. Quand il faisait les comptes, qui se pliait sous le bureau pour lui pomper le dard ? Brigitte évidemment ! Le patron, c’était chasse gardée ! Ah, monsieur Georges était un professionnel, jamais il n’a cherché à me toucher. Cela me chiffonne quand même un peu… soit dit entre nous, parce que je ne voudrais pas qu’on pense en plus que je songeais à me faire le patron.

Voilà, vous me comprenez mieux maintenant. Lorsque monsieur Georges est mort subitement tandis que Brigitte lui faisait un pompier, oui comme l’autre-là, le président de je ne sais plus quoi, on me l’a déjà raconté, mais ce n’est pas une consolation… Donc je disais, le patron mort, on s’est retrouvés tous les trois dans la panade. L’hôtel est en vente et nous sans emploi. Ma petite réserve à la banque a vite fondu, comme du chocolat au soleil. Je m’en léchais les doigts, justement, et me suis essuyé sur un papier journal, en souvenir de Grégoire et de ses bordereaux peut-être, c’était le bon temps !, quand j’ai vu votre annonce, pile sous la coulée marron. Ce n’est pas le destin, ça ? Alors me voilà ! M’occuper d’un mioche, je saurai faire. Le ménage, la cuisine, pas de souci. Je serai sérieuse, assidue, je le promets. Je peux vous faire une pipe, si ça vous dit ?