Vita Oswood - éditions TabouLes éditions Tabou publient une version dite « très spéciale » de la BD Vita Oswood d’Olivier Paillé et de Fabrizio Pasini, parue aux éditions Graph Zeppelin en 2015. Cette nouvelle version est plus dénudée que la précédente, comme l’atteste la première de couverture. Je ne peux cependant pas dire s’il y a des changements importants dans le scénario, étant donné que je ne connais pas la version originale.

Je suis fan des dessins de Fabrizio Pasini, de ses représentations de la gent féminine surtout, de leurs tenues (et petites tenues). De la beauté d’ensemble, avec des couleurs qui attirent l’œil. Les poses sont sensuelles, de pin-up, avec un fond de candeur qui en fait le charme (la couverture n’est pas très représentative de cet aspect). Il ne s’agit pas tant d’une BD érotique que d’une « BD coquine » pourrait-on dire.

Si j’ai sollicité un service presse de cette BD auprès des éditions Tabou, c’est avant tout parce que j’aime vraiment beaucoup ce que réalise Fabrizio Pasini. Cette BD, du point de vue graphique, est à la hauteur de ce que j’espérais.

Ce qui me gêne par contre, c’est la pauvreté du scénario. Il y a de bons éléments : les premières pages sont légères et humoristiques, j’aime bien aussi la figure du capitaine, qui ressemble un peu à Mousse conduisant le navire du capitaine Crochet, plein de bonhomie et adepte de la gaudriole, j’aime ce navire qui vole, le manoir hanté (dommage que le décor du manoir ne soit pas plus exploité)… L’élément de science fiction (une expérience sur des êtres humains) est malheureusement si peu développé, on en connaît à peine les tenants et les aboutissants. L’histoire, sur 52 pages, couverture comprise, se résume en définitive à peu de choses. Bien trop peu. Il y a des monstres, on les extermine et on s’en va. L’alliée de Vita, Nahima, se sacrifie, elle n’était de toute manière qu’un esprit survenu grâce à l’amulette que Vita portait. Et c’est tout. Je suis assez consternée par cette fin. À moins que peut-être une suite ne soit prévue ? Vita abandonne-t-elle réellement son manoir ? Nahima ne pourrait-elle pas réapparaître dans une autre aventure (plus développée, avec davantage de soubresauts, par pitié!) Vita Oswood a du tempérament, suffisamment pour en faire une héroïne récurrente dont on aimerait suivre les aventures.

Je ressens donc une impression mitigée concernant cette BD. Si elle n’est qu’un avant-goût, je serais fort tentée de découvrir la suite, ne serait-ce que pour la beauté des images et pour découvrir dans quelle aventure Vita pourrait être mêlée. Si la BD n’a pas de suite prévue, je trouve ce volume décevant.

Extrait à lire en ligne : http://parutions.tabou-editions.com/BD/VITA%20OSWOOD/Vita-Oswood-Tabou-Extrait.pdf

Vita Oswood, scénario d’Olivier Paillé, dessins de Fabrizio Pasini, éd. Tabou, 15€