Les Délices de la duchesse, Charles DelygneLes Délices de la duchesse est un livre numérique que Julie Derussy, qui dirige la collection L’ivre des sens de L’ivre-book, m’a adressé il y a déjà bien longtemps. J’avais laissé un peu de côté la littérature érotique et les services presse de manière générale pour lire d’autres livres, je viens donc seulement de lire cette novella.

Les Délices de la duchesse de Charles Delygne est à la fois érotique et historique. Un cocktail que j’apprécie beaucoup quand c’est bien écrit, ce qui est le cas. Deux parties le composent, d’inégale longueur. Un premier épisode, plus important, raconte le retour de l’époux de Marie, toute nouvelle duchesse d’Empire. Ce retour est précédé de peu de l’arrivé de l’ami du mari, galant et fort à son avantage puisque Marie, jeune épousée, se languit seule depuis trop longtemps. Ce qui devait arriver arrive donc, le mari surgit et… non, ce n’est pas un vaudeville. Tous trois s’organisent de bien charmante façon. L’intérêt principal de ce texte tient en cette longue scène de félicité à trois – voire quatre, mais je ne vais pas tout révéler. Il est extrêmement rare que je lise une scène érotique si longue sans m’ennuyer, sans sauter des lignes voire des pages. Or, dans ce texte, je n’ai pas manqué un mot. Comme je l’écrivais plus haut, c’est bien écrit, le vocabulaire est riche, et cela change tout.

La deuxième partie du récit raconte une aventure survenue à Marie après le départ de « ses hommes ». Le démon de la chair la taraude quand elle voit quelques gaillards susceptibles d’attiser ses désirs. Cette scène champêtre est fraîche, de lecture agréable. Elle est cependant plus – et peut-être trop – rapide. On s’était habitué à un long développement avec la première partie et je regrette de ne pas avoir pu lire une scène plus approfondie, pour rester sur le même tempo.

C’est une lecture que j’ai aimée, il n’y a pas de doute. Il y a cependant un « mais » de taille : la fin est abrupte (heureusement que le mot FIN est inscrit car on n’aurait jamais pensé que cela se finirait ainsi), le contexte trop peu développé. Vu le rythme du texte, vu la segmentation possible en deux chapitres (dont le deuxième aurait mérité un développement plus conséquent), je pense que Les Délices de la duchesse ne sont qu’une amorce de roman. Ou plutôt, deux chapitres d’un roman déjà bien engagé. On a quelques rares informations sur les jeunes années de la duchesse et son fidèle amoureux, un chapitre n’aurait pas été de trop pour l’évoquer. On attend les conséquences de la conduite de Marie au retour de son mari. Les Délices de la duchesse est à mon sens un texte trop vite écourté.

Les Délices de la duchesse, Charles Delygne, éd. L’ivre-book, coll. L’ivre des sens, 2,99€