Plein la vueUn très bon recueil de textes érotiques courts écrits par Corpus Delecta ! Plein la vue est paru dans la collection e-ros il y a plusieurs semaines. J’avais lu le manuscrit il y a plus d’un an, mais viens seulement de relire ces histoires, avec beaucoup de plaisir d’ailleurs.

Ce recueil a plus ou moins été écrit sur commande. A l’époque où je dirigeais la collection e-ros, j’avais en effet suggéré à l’auteure de s’orienter vers le thème du voyeurisme.

Dans Plein la vue, Corpus Delecta sait toucher le lecteur avec des personnages lambdas, qui pourraient être son propre voisin, sa collègue, ou son double, personnages qu’elle met en scène brillamment. Les émotions sonnent vrai. Jalousie, rancœur, frustration, envie, lassitude, soudain émoustillement… Les personnages sont vivants, le rythme du texte colle aux ressentis. On se laisse emporter. Corpus Delecta a du talent pour raconter ce type d’histoires. J’en suis fan.

Le recueil comprend deux textes introductifs, l’un est appelé Plein la vue, l’autre De la liberté du fantasme. Dans celui-là, Corpus Delecta évoque la liberté pour l’auteur de ne pas faire porter de préservatifs à ses personnages. Je trouve le propos intéressant :

Dans la littérature érotique, de moins telle que moi je la conçois, on peut s’amuser comme on veut avec qui on veut, puisqu’à ce jour, à ma connaissance, aucune Maladie Sexuellement Transmissible n’a été transmise par la plume. […] Libre à chacun et à chacune de se comporter en Être Sexué Responsable, dans sa « vraie » vie

Les histoires à proprement parler s’intitulent Le Miroir, L’Écran, Le Balcon, La Fenêtre, Le Parking et La Rue. Je vous avoue que j’ai un faible pour L’Ecran qui est assez cocasse et m’a fait sourire, même à la relecture.

Les situations de voyeurisme sont diverses : miroir où l’on s’observe et se découvre autre que l’on se croyait, voisinage surpris auditivement, scène de rue observée dans l’obscurité, exhibition réciproque devant une fenêtre, « matage » de films pornos,… Des hommes, des femmes, jeunes ou moins jeunes, célibataires, en couple. Une multiplication de situations, à l’instar de ce texte, intitulé La Rue, où les relations sexuelles des uns fait le bonheur des autres, où cela ricoche d’étage en étage au point de contaminer – mais de manière bénéfique – tout le quartier… La Rue conclut le recueil, comme une invitation à laisser bourgeonner aussi l’amour en dehors des pages de ce livre.

Plein la vue, Corpus Delecta, éd. Dominique Leroy, coll. e-ros & ceteri, 2,99€ (formats ePub, Mobi et PDF)