Inguinis 1 L'esclave du PanthéonInguinis est une BD des éditions Tabou en deux volumes dont le premier, L’esclave du Panthéon, paraît ce mois-ci. Au scénario, Katia Even, à qui l’on doit le scénario de la BD La Déesse dont je vous ai parlé ICI. Le dessinateur, Nicolas Guenet réalise une première incursion dans l’érotico-pornographique avec Inguinis.

L’histoire se déroule dans la Rome antique, ce qui m’a fortement poussée à demander un service presse…

Artémis la grecque, fille de Nicomède, un sculpteur, prend la succession de son père. Elle doit réaliser une statue masculine, et le fait grâce à son modèle, un affranchi, ancien gladiateur, dont elle est « éprise » (tel est le terme utilisé). Seulement, son père ne serait pas mort dans une bagarre de rue, il se pourrait qu’il ait été assassiné et qu’on en veuille également à son travail. Qui est derrière le meurtre et le saccage de son atelier ?

Dit comme ça, on pourrait croire à une BD historique et d’enquête. Or, Inguinis est une BD érotico-pornographique : Artémis use de son corps avec plusieurs partenaires, ce que fait également son modèle contre de l’argent, et un riche possesseur d’atelier dans lequel travaille plusieurs sculpteurs organise une orgie et les uns et les autres s’adonnent à la luxure. Plusieurs planches représentent des couples en train de forniquer, dont Artémis et son bel étalon (enfin beau, c’est selon le jugement de chacun, disons plutôt très charpenté, ce qui n’est pas beau à mes yeux). Les cases s’enchaînent alors avec les positions adoptées par les amants.

J’aime assez l’histoire qui s’amorce dans ce premier tome, la fin qui nous laisse en suspens (on ne comprend pas ce que toutes les amphores font dans cet endroit), le mystère qui entour la mort de Nicomède et les commandes de statue pour le Panthéon. J’aime moins les planches entières de sexe. Je pense que le sexe pourrait s’intégrer de manière plus subtile et que la BD y gagnerait en intérêt. De l’érotisme – ou de la pornographie -, oui, mais plutôt par petites touches (pas des planches entières en tout cas). J’y serais sensible dans ce cas de figure.

La première de couverture est intéressante à plusieurs titres : j’aime bien le lettrage du titre, l’œil qui nous fixe est particulièrement réussi, ainsi que cet avant-bras encerclé d’or et cette main fine de toute beauté. J’aime moins les muscles du torse masculin, mais comme je le disais plus haut, la musculature masculine me laisse froide. Le contraste de la couleur de peau est singulière (elle me fait penser aux représentations égyptiennes : hommes et femmes sont en effet différenciés de cette manière). Je n’aime que moyennement les dessins. J’étais plus sensible aux belles rondeurs de La Déesse. Je lirai cependant avec plaisir la suite de cette BD, ne serait-ce que pour connaître le fin mot de l’histoire !

Un extrait de cette BD Inguinis est à découvrir ICI.

Inguinis, tome 1, L’Esclave du Panthéon, scénario et lettrage de Katia Even, dessins et couleurs de Nicolas Guenet, éd. Tabou, 15€