Légendes perversesLégendes perverses de Raulo Caceres (dont j’avais lu précédemment Juliette et Justine de Sade), est  une bande dessinée composée de plusieurs histoires courtes qui empruntent des personnages à la mythologie (Narcisse, Sisyphe, les Sirènes par exemple), aux contes traditionnels ou en créent de toute pièce. Ces histoires courtes sont parfois relativement légères (pornographiques tout de même), mais le plus souvent cruelles, macabres, horribles. Elles créent un état de malaise, d’inconfort chez le lecteur (ou en tout cas chez moi). La pornographie y côtoie la folie, le sadisme, le cannibalisme… Les situations, les postures, les comportements, les opinions sont extrêmes. »Un voyage dont on ne revient pas indemne » annonce la 4e de couverture…

La BD Légendes perverses est entièrement en noir et blanc et je pense que les traits noirs sont plus évocateurs que ne le serait la couleur. Les dessins sont saisissants, jusqu’à l’écœurement. Les vits sont larges et gonflés, les fluides corporels omniprésents, de même que les chevelures féminines en désordre, agressives pourrait-on dire, qui peuvent rappeler les serpents de Méduse (personnage présenté tout au début de la BD). On y trouve de belles mises en page (par exemple, des vignettes ordonnées autour d’un cercle aux pages 30-31 quand une Narcisse féminine fait l’amour avec elle-même : on peut lire dans ce cercle une fusion totale, une forme de perfection, de complétude absolue dans leur 69).

Une BD originale, glauque, qui exerce à la fois attrait et répulsion.

Un extrait à lire ICI.

Légendes perverses, Raulo Caceres, éd. Tabou, 19€