Osez 20 histoires de soumission sexuelleParmi les livres érotiques que je possède et que je n’avais pas encore lus, il y a Osez 20 histoires de soumission sexuelle. Je n’avais lu en réalité, lors de sa réception, que les deux premières histoires, La Veuve de Louise Laëdec et Jeune Fille au pair de Clarissa Rivière. Je viens de les relire et d’enchaîner avec dix-sept autres textes (le dernier du recueil, Ma Quête, étant le mien, je n’ai fait que le survoler pour me rappeler de quoi j’avais parlé).

J’ai eu quelques très bonnes surprises en lisant ce volume. Ma Maîtresse de Jon Blackfox est l’une d’entre elles. J’ai souvent lu des textes de cet auteur en grimaçant, je crois qu’il n’y a jamais eu aucun texte qui m’ait plu jusqu’à présent : ou ils m’indifféraient, ou je les trouvais assez mauvais. Je tiens donc à le dire haut et fort : Ma Maîtresse fait partie de mes préférés du recueil. Il y est question de soumission, évidemment, mais aussi d’éducation sexuelle et de travestissement. Je vais citer aussi parmi les textes qui m’ont plu Madame de la Montagne Sainte-Victoire d’Allibert. Je l’ai bien aimé globalement, avec une préférence pour ce passage (p. 240) qui m’a fait sourire :

– Oui, c’est mieux que l’homme de ménage.
– Mais moins bien que le jardinier, qui avait fait soixante centimètres.

Le texte qui m’a le moins plu est Lui appartenir d’Amandine Gantois. J’ai trouvé son écriture assez maladroite et l’histoire peu captivante. Je n’ai guère aimé non plus La Garçonnière d’Eugénie Daragon. Le huis-clos me semble mieux réussi dans la nouvelle de Magena Suret, Encore une fois, où même s’il ne se passe pas grand chose, si le temps semble étiré, la tension est palpable et l’exercice d’écriture de fait réussi.

Beaucoup de textes choisissent de mettre en scène « l’arroseur arrosé ». Plus ou moins gentiment… ou brutalement. On peut citer dans cet esprit La Veuve de Louise Laëdec qui se conclut comme cela a commencé – avec des rôles inversés -, Jeune Fille au pair de Clarissa Rivière, Léa n’aime pas les îles flottantes de Rita, Patrick de John Faredes (dont les premières lignes m’ont fortement déplu, mais heureusement j’ai poursuivi et la suite s’avère meilleure), Infiniment sienne de Stella Tanagra (auteure que je lis pour la première fois : je dois dire qu’elle a le mérite de m’avoir mise mal à l’aise, l’idée de la strangulation me dérange, il est pourtant rare que je ressente une telle sensation d’inconfort lors d’une lecture érotique).

Une nouvelle prend la forme d’une lettre (Bilan d’une exquise docilité de Magali Kim, un texte que je trouve réussi), une autre d’un emploi du temps (La Nouvelle de Charles R. Santiago, qui ne m’a que moyennement plu).

J’aime toujours autant l’écriture claire de Viviane Faure, son texte, Accessoire, est beau. Et, dans un tout autre genre, l’écriture crue de Julien Ligny (Lequel des trois ?) – les textes de Julien Ligny font d’ailleurs très souvent partie de mes préférés.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé ce recueil Osez 20 histoires de soumission sexuelle de bonne qualité, malgré peut-être un peu trop de chutes où l’on rend la monnaie de sa pièce à tel personnage qui dominait auparavant.

Osez 20 histoires de soumission sexuelle, Collectif, éd. La Musardine, 8,20€, existe aussi en format numérique