Osez 20 histoires de sexe à l'hôtelAutre tome de la collection Osez 20 histoires de sexe dont je n’ai pas encore parlé alors qu’il a été publié il y a bien longtemps, Osez 20 histoires de sexe à l’hôtel présente vingt textes érotiques de qualité irrégulière.

J’y ai lu peut-être une des pires histoires érotiques de la collection depuis Osez 20 histoires de sexe sur Internet qui avait mis la barre très basse, mais aussi une nouvelle qui a été une véritable claque tellement je l’ai trouvée bonne. On passe ainsi d’un extrême à l’autre avec l’inintéressant Le Paraphhile de Raphaël Eymery – une discussion sur les paraphilies, nom de quelques-unes de ces « perversions » avec définition que l’on croirait sortie d’une dictionnaire, quelques lignes explicatives, et cela s’arrête là, rien de littéraire, un jeu de devinettes qui tourne court – et le créatif Surya Namaskar d’Eugénie Daragon, premier texte du recueil. Une langue audacieuse (deux bémols cependant : je déteste lire un mélange passé simple/passé composé et je n’aime pas lire un grand nombre de phrases qui commencent par un verbe. Omettre le sujet, une fois, deux fois, soit, mais comme tout procédé d’écriture, un usage trop fréquent gâche l’effet), qui sort des images convenues, une atmosphère de chaleur, d’humidité, de saleté et de désir, un régal à lire, bénie soit Eugénie Daragon que je ne connais pas mais qui a éclairé ma lecture.

Il y a d’autres textes plus ou moins bons. L’histoire narrée par Zakya Gnaoui, Modern Love, est banale, cela n’aurait pas été gênant (la mise en abyme est un procédé certes courant mais appréciable) si le style avait rehaussé l’ensemble, mais l’expression est fade et le vocabulaire tout ce qu’il y a de plus courant. Autre nouvelle que j’ai trouvée très moyenne, Miss Terre de Vera Mar : une rencontre à l’aveugle, dans une chambre d’hôtel, avec un (un seulement?) homme. Quitte à ce qu’il y ait des frères, je préfère nettement le traitement offert par une nouvelle comme Des mains de pianiste de Louise Laëdec dans le recueil Fantasmes 2. Parlons d’ailleurs de cette auteure : son texte Le plus sûr moyen de vaincre la tentation, c’est d’y succomber est très bon (mais son titre pas des plus judicieux, il me semble). Il fait partie de mes préférés de cet Osez 20 histoires de sexe à l’hôtel. Une histoire de séduction avec une fin que l’on appréhende assez vite, mais qui n’en demeure pas moins savoureuse. S’il faut qu’il y ait mort d’homme, je préfère en tout cas nettement ce texte à celui de Julie-Anne de Sée, Mise en abyme au Love Hotel, qui est certes très bien écrit, mais que je n’ai guère réussi à apprécier. Il y a comme ça des textes dont je reconnais la qualité, mais qui ne parviennent pas à me toucher. Dans cette catégorie, je placerais aussi Vertiges de Jon Blackfox.

Je ne sais pas où j’ai déjà lu 2 fois 3 de Serena de Lyoncourt, mais clairement, je connaissais ce texte. Un manuscrit que l’on m’aurait envoyé ? Une publication antérieure que j’aurais lue ? À moi que je n’aie lu un texte au hasard à la réception d’Osez 20 histoires de sexe à l’hôtel (ce dont je ne me rappelle pas) et ce serait tombé sur celui-là ? Je ne me souviens plus du contexte…

Les deux dernières nouvelles du recueil, La visiteuse aux pieds nus dOrnella Caldi et Le Nicolaï de Maxime Henry, s’ouvrent légèrement au fantastique, ce n’est pas déplaisant. Des deux, j’ai une préférence pour La visiteuse aux pieds nus. Le Nicolaï a pour particularité de conclure l’ensemble du recueil sur l’idée d’un amour éternel – l’hôtel a été pourtant, régulièrement dans le recueil, le lieu d’adultères, de sexe avec des amants de passage. L’amant d’un jour ne dispense cependant pas toujours du sentiment amoureux : la nouvelle tendre de Clarissa Rivière, À votre service, est très agréable. Du sexe oui, et même beaucoup, mais avec ce côté attachant du personnage, sa fragilité, car Lise aimerait aussi qu’on l’aime… C’est dans ce registre que j’aime le mieux lire l’auteure, je crois.

Je suis contente d’avoir pu lire à nouveau Miss Kat, avec La honte. Ne pas faire impunément les choses, les faire avec la honte au front, c’est terriblement érotique. Et bien sûr, Noann Lyne, avec La soubrette, qui se conclut sur une notre positive. A partir du moment où le personnage principal décide de reprendre sa vie en main, sa vie sexuelle pour commencer, les portes s’ouvrent devant elle.

J’ai cité un grand nombre de textes – pas tous cependant – et je m’en voudrais si je n’évoquais pas au moins brièvement Aussi invisibles que la poussière de Vespertille, avec sa sexualité ludique, qui a été un agréable moment de lecture.

Pour conclure : un texte qui m’a fait grimacer, quelques textes que j’ai trouvés moyens, mais d’autres bons, voire très bons. Quand on évalue l’ensemble, l’impression positive domine. C’est souvent ainsi avec les recueils de cette collection.

Osez 20 histoires de sexe à l’hôtel, collectif, éd. La Musardine, 8,20€